
PDCI : Vers un retrait de la plainte contre Jean-Louis Billon ?
Lemandat – La comparution de Jean-Louis Billon devant le Conseil de discipline traîne en longueur. Tout porte à croire que l’on s’achemine vers un retrait de la plainte introduite par le Secrétaire exécutif en chef, habilité en pareille matière suivant l’article 121 du règlement intérieur du PDCI RDA.
Prévue pour le 15 janvier dernier, la comparution de Jean-Louis Billon a été reportée. Face à la montée des tensions autour de cette audience, alimentées par des publications sur les réseaux sociaux, le Secrétaire exécutif du PDCI-RDA, agissant donc dans ses attributions, avait décidé de suspendre la procédure à titre conservatoire.
Depuis, c’est le silence radio. Aucune nouvelle date n’a été annoncée pour la comparution de l’ancien ministre du Commerce. Selon nos informations, l’affaire pourrait être classée sans suite. « Le Secrétaire exécutif peut à tout moment retirer sa plainte. On semble se diriger vers cette issue. Jusqu’à présent, il ne mentionne plus sa plainte et ne demande pas au Conseil de discipline d’y donner suite », confie un militant de longue date.
Revenant sur la suspension de l’audience du 15 janvier, notre interlocuteur souligne l’influence du Secrétaire exécutif en chef dans cette procédure. « Lorsque le Conseil de discipline devait se réunir et le Secrétaire exécutif a écrit pour dire que pour des questions de sécurité, l’audience de Billon n’aura pas lieu, ceux qui ne connaissent pas les textes se sont empressés pour dire que c’est un rififi. Alors que le Secrétaire exécutif en agissant ainsi était bel et bien dans son rôle. C’est lui qui porte plainte donc normalement quand il y a une confrontation, c’est lui qui fait la confrontation avec le mis en cause ».
Au sein du PDCI-RDA, le Secrétaire exécutif en chef, au regard des textes, joue un rôle similaire à celui d’un procureur. Il a l’opportunité de la poursuite, c’est à dire qu’il a le pouvoir de déclencher des poursuites ou de les classer sans suite. Comme le rappelle un autre cadre du parti, en réponse aux plaintes du député Kouassi Eugène de Taabo et d’une association des enseignants du secondaire, c’est encore le Secrétaire exécutif en chef, Dr Emmou Sylvestre, qui peut valablement saisir le Conseil de discipline. Toute autre procédure est irrecevable.
De son côté, Jean-Louis Billon avait vivement contesté la procédure à son encontre, qualifiant de « nul et de nul effet » le courrier signé par le Secrétaire exécutif en chef lors des faits. « Seul un courrier émanant du Conseil de discipline est juridiquement opposable. Autrement dit, le communiqué du Secrétariat exécutif du 15 janvier ne pouvait en aucun cas annuler la convocation de ce jour-là », avait-il déclaré, ajoutant qu’il restait « dans l’attente d’une nouvelle date ».
Cette nouvelle date pourrait cependant ne jamais voir le jour si le Conseil de discipline estime ne pas avoir matière à statuer sur la plainte. Couplé à l’attitude actuelle du Secrétaire exécutif en chef, tout laisse à penser que l’affaire sera classée courte et verticale. Et ce d’autant plus que, selon les textes du Parti, le Président du PDCI n’a aucun pouvoir d’intervention dans cette procédure. « C’est le Secrétaire exécutif en chef qui a porté plainte, c’est donc lui qui peut la retirer.
Le Conseil de discipline, quant à lui, peut également juger que les faits reprochés à Billon ne constituent pas un cas d’indiscipline justifiant une exclusion temporaire ni définitive. L’audience qui s’annonce serait donc une absolution et, par voie de conséquence», une séance de conseils et d’orientation.
Si cette hypothèse se confirme, l’affaire Jean-Louis Billon connaîtrait une fin discrète, loin des turbulences initiales. Mais ce silence est-il un signe d’apaisement ou simplement une pause avant de nouveaux rebondissements ? L’avenir nous le dira.
Martial Galé







