
Tidjane Thiam « out », la CEI met fin à l’intox, la paix des braves entre gouvernement et syndicats (La Matinale Expresse)
Lemandatexpress – Tidjane Thiam radié de la liste électorale. C’est la conséquence de son procès perdu hier dans le cadre du contentieux sur la liste électorale. Dans le même temps, la CEI a présenté un bilan complet dudit contentieux, en balayant ce qu’elle qualifie d’intoxication de l’opposition. Du côté de la fonction publique, le gouvernement et les syndicats du secteur éducation/formation s’orientent vers un règlement concerté des revendications. La MUGEFCI, quant à elle, amorce une nouvelle phase de son développement…
Coup de tonnerre, hier, dans le paysage politique ivoirien. Un procès relatif au contentieux électoral a scellé le sort de Tidjane Thiam. Les plaintes contestant sa présence sur la liste électorale ont été jugées fondées par le Tribunal de première instance d’Abidjan. Le président du PDCI-RDA, impliqué dans une affaire de double nationalité, est tombé sous le coup de l’article 48 du Code de la nationalité. Il est donc radié de la liste électorale de 2024 et disqualifié pour la présidentielle d’octobre prochain.
Thiam rejoint ainsi le « camp des exclus », selon Le Canard Déchaîné, qui fait allusion à Gbagbo, Soro et Blé, eux aussi radiés pour avoir perdu leurs droits civiques.
Coup du marteau
Pour Le Mandat, cette décision de justice est un « coup de marteau » qui « sonne le PDCI-RDA ». Le journal annonce par ailleurs un autre procès prévu ce 24 avril, qui pourrait porter le coup de grâce à Thiam en entraînant sa destitution à la tête du PDCI-RDA. Ce qui aurait pour effet de rebattre les cartes au sein du vieux parti : « Candidature à la présidentielle, présidence du parti, nominations… : vers une reprise de tout le processus », prévient Le Mandat.
Thiam a réagi vivement à la décision. Une « réaction musclée », précise Notre Voie. L’ancien DG du Crédit Suisse a exprimé fermement son indignation dans des propos relayés par Le Nouveau Réveil : « Je n’accepterai pas cette radiation… elle est injuste, injustifiée et incompréhensible », a-t-il déclaré, ajoutant être absolument déterminé à se battre.
“Une décision politique”
Dans la même veine, le PDCI-RDA a dénoncé une décision purement politique et réaffirmé son soutien à son président.
Mais quoi qu’il en soit, « cette décision est définitive et insusceptible de recours », selon Me Sery Bi, avocat de Thiam, cité par Le Matin. « Tidjane Thiam est tout simplement out », comme l’écrit L’Essor. Le Rassemblement, de son côté, évoque une « descente aux enfers » du banquier et estime que le PDCI doit s’en prendre à lui-même.
Pendant ce temps, la Commission électorale indépendante (CEI) a présenté le bilan du contentieux, qui s’est achevé ce mardi 22 avril. L’institution a profité de l’occasion pour mettre fin aux intoxications, selon Le Matin. Le porte-parole Émile Ebrottié a précisé : « La requête aux fins de radiation de plus de 6 millions de faux inscrits a été rejetée par la CEI ». Il a également assuré dans Liberté que « la présidentielle aura lieu à bonne date ».
La paix des braves
L’actualité nationale est aussi marquée par les négociations entre le gouvernement et les syndicats du secteur éducation/formation, portant sur les revendications liées à la prime. La ministre de la Fonction publique, Anne Désirée Ouloto, a reçu les conclusions des travaux de Grand-Bassam, rapporte Le Matin. L’Inter affirme que « le gouvernement et les syndicats s’accordent sur un chronogramme ». Les deux parties sont désormais dans une dynamique de trêve sociale : aucune grève jusqu’au 15 septembre, selon L’Intelligent d’Abidjan. Il s’agit manifestement de « la paix des braves » après un long bras de fer, analyse Liberté.
Une nouvelle phase
Toujours sur le plan social, la MUGEFCI enregistre un progrès notable dans son évolution. Le taux de couverture des médicaments est désormais de 80 %. À ce propos, Gnogbo Paul, président du conseil d’administration de la mutuelle, déclare dans L’Expression : « La MUGEFCI entame une nouvelle phase de son développement ».
En somme, alors que le ciel s’assombrit pour Tidjane Thiam et le PDCI-RDA, l’agenda politique ivoirien se resserre autour d’une présidentielle aux enjeux cruciaux. Si l’exclusion du banquier marque un tournant pour le vieux parti, la CEI, elle, tente de rassurer sur la crédibilité du processus électoral. Sur un autre front, la trêve sociale en cours dans l’éducation et les avancées à la MUGEFCI viennent rappeler que, malgré les remous politiques, les chantiers de la nation continuent. Mais une chose est sûre : à six mois de la présidentielle, la Côte d’Ivoire entre dans une zone de turbulences… à haute intensité.
Martial Galé







