
Affaire « apatridie de Tidjane Thiam » : Le ministère de la Justice confirme que le président du PDCI-RDA est ivoirien, mais…
Lemandatexpress – Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 28 avril, le Directeur des Affaires Civiles et Pénales (DACP) du ministère de la Justice, M. Kouamé Augustin, a apporté des clarifications sur le statut juridique du président du PDCI-RDA, M. Tidjane Thiam.
Depuis la perte de sa nationalité française, le 19 mars 2025, le statut identitaire de M. Thiam fait l’objet de vifs débats. Certains estiment qu’il est devenu apatride, n’étant reconnu ni comme Français ni comme Ivoirien. Cette polémique s’est intensifiée après sa radiation de la liste électorale par le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, le 22 avril dernier.
C’est dans ce contexte que M. Kouamé Augustin, en s’appuyant sur les dispositions du Décret n° 2021-451 du 8 septembre 2021 portant organisation du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a tenu à faire toute la lumière sur la situation.
« M. Thiam n’a jamais été apatride et ne l’est pas, car il est indiscutablement Ivoirien au regard du code de la nationalité ivoirienne », a affirmé le DACP, rappelant la définition de l’apatridie donnée par la Convention de 1954 relative au statut des apatrides : « Est apatride toute personne qu’aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. »
Par ailleurs, s’appuyant sur l’article 6 du Code de la nationalité ivoirienne, M. Kouamé Augustin a validé la décision rendue par le Tribunal, précisant que Tidjane Thiam est né Ivoirien de père et de mère, et donc Ivoirien par filiation, et non par naturalisation. Par conséquent, dès sa renonciation à la nationalité française, il recouvre automatiquement sa nationalité ivoirienne d’origine.
Cependant, s’agissant de sa radiation de la liste électorale, malgré la présentation d’un certificat de nationalité, le Directeur des Affaires Civiles et Pénales a tenu à apporter une précision importante :
« Le certificat de nationalité ivoirienne est un document administratif qui n’est pas attributif de la nationalité. Il ne crée pas la nationalité, il certifie simplement que son détenteur est Ivoirien. »
Selon M. Kouamé, la production d’un certificat de nationalité par M. Thiam au moment de son inscription sur la liste électorale ne suffit donc pas à établir qu’il est éligible. Car, en vertu de l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, Tidjane Thiam avait perdu la nationalité ivoirienne depuis février 1987, date de son acquisition volontaire de la nationalité française. Cet article dispose : « Perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité. »
Ainsi, bien que Tidjane Thiam ne soit pas apatride, son éligibilité à la présidentielle reste compromise tant qu’il du fait de la rigueur de la loi.
Martial Galé







