
Mise en œuvre du Protocole de Nagoya: Des avancées majeures pour la Côte d’Ivoire
Lemandatexpress – En Côte d’Ivoire, l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques sont désormais encadrés par des directives nationales alignées sur la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) et le Protocole de Nagoya. Ce dispositif, plus connu sous le nom d’APA ( Accès et Partage des Avantages), vise à garantir un accès équitable aux ressources naturelles et à assurer une répartition juste des bénéfices, qu’ils soient financiers ou non monétaires. Afin de faire le point sur les acquis de sa mise en œuvre, un atelier de clôture du projet « Initiative de renforcement des capacités pour l’APA » s’est tenu le jeudi 10 juillet 2025, à Abidjan Cocody, sous l’égide du Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique, avec le soutien de la Coopération Allemande, à travers la GIZ.
Depuis 2019, la Côte d’Ivoire bénéficie de l’appui de cette initiative internationale sélective qui accompagne certains pays partenaires dans la mise en œuvre du Protocole de Nagoya.
La secrétaire permanente à la Commission nationale développement durable, Amari Koffi Véronique, par ailleurs point focal national du protocole, a rappelé que l’initiative APA n’est pas simplement un projet technique. Il s’agit d’un instrument, selon ses mots, qui a été conçu pour soutenir des États à fort potentiel dans l’opérationnalisation du cadre international sur les ressources génétiques. Elle a expliqué que la Côte d’Ivoire a été choisie pour son engagement, et que depuis six ans, les progrès ont été notables.

Selon elle, la mise en œuvre s’est déroulée en deux grandes phases. La première a consisté à poser les fondations juridiques et institutionnelles nécessaires, en définissant les procédures d’accès, les règles de partage des bénéfices et les mécanismes d’implication des communautés locales. La seconde phase, en cours d’achèvement, s’est orientée vers l’intégration transversale de l’APA dans les politiques publiques et les secteurs économiques, avec le développement de partenariats multipartites impliquant chercheurs, tradipraticiens et communautés. Un projet concret a ainsi vu le jour autour de trois à quatre plantes médicinales identifiées pour leur potentiel. «Les accords et plans d’action sont prêts ; il ne reste plus qu’à les soumettre aux autorités compétentes», a-t-elle précisé.
Lors de son discours, Elisée Napari YEO, Directeur de Cabinet Adjoint, du Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, représentant le ministre Assahoré Konan Jacques, a salué l’initiative et exprimé la reconnaissance du gouvernement ivoirien envers la GIZ pour son soutien constant. Il a souligné que la protection de la biodiversité et le partage équitable des ressources restent des priorités majeures de l’État.
Pour sa part, Mathias Klein, a, au nom l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, rappelé que la biodiversité est un pilier essentiel du développement durable. Avant d’insister sur le rôle central que joue la Côte d’Ivoire, grâce à ses forêts et ses savanes, dans la préservation de ce patrimoine mondial.
Poursuivant, il n’a pas omit de mettre en lumière l’engagement de l’Allemagne, seul partenaire à accompagner de manière continue le Parc National de Taï, site emblématique de biodiversité. « Depuis 1994, la Côte d’Ivoire a adhéré à la Convention sur la diversité biologique (CDB) et au Protocole de Nagoya (2013), qui établissent un cadre international pour préserver la biodiversité, son usage durable et le partage équitable des bénéfices. L’APA (l’accès et le partage des avantages) en est un levier concret de développement.», a-t-il déclaré.
En effet, ce projet qui prend fin en août 2025, a permis de nombreuses avancées concrètes : l’élaboration d’un décret et de quatre arrêtés d’application, la mise en place d’un comité ad hoc pour l’évaluation des demandes d’accès, le renforcement des capacités des PME, la création d’un réseau de 40 animateurs communautaires, ainsi que l’intégration des savoirs traditionnels dans la valorisation des plantes médicinales. Des coopérations locales ont aussi été nouées à Bouna et Dabakala entre communautés, chercheurs et autorités. Autant de réalisations qui témoignent d’un effort structurant en faveur de la gouvernance environnementale.

Aussi, faut-il le souligner, la signature imminente des textes réglementaires permettra à la Côte d’Ivoire de se doter d’un cadre juridique clair, garantissant la transparence, la sécurité juridique et le respect des droits de toutes les parties prenantes. L’APA, comme l’a rappelé la secrétaire permanente, ne se limite pas à une logique de conservation. Il s’agit aussi d’un levier de justice sociale, de progrès scientifique, et de développement économique. C’est un instrument essentiel pour bâtir des partenariats équitables entre pays industrialisés et pays en développement, et pour valoriser durablement les ressources naturelles au bénéfice des populations.
À l’issue des travaux, les parties prenantes ont exprimé leur souhait de voir l’élan créé par ce projet se poursuivre. L’espoir est que les résultats obtenus jusqu’ici inspirent les prochaines étapes, dans un esprit de collaboration, d’innovation et de solidarité. Car au-delà de sa dimension technique, l’APA devient, pour la Côte d’Ivoire, un symbole de souveraineté écologique et de transformation durable.
Abran Saliho







