
Prix National d’Excellence 2025 :Irad Gbazalé, la voix des “Médiatrices de Paix” honorée pour son engagement
La salle des pas perdus du Palais présidentiel d’Abidjan a vibré d’émotions et de reconnaissance ce lundi 4 Août 2025, à l’occasion de la cérémonie du Prix National d’Excellence 2025. Sur les 87 nominés, 74 récipiendaires issus de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile et du monde associatif ont été distingués par le chef de l’État. Parmi eux, une figure féminine a particulièrement retenu l’attention : Irad Gbazalé, lauréate du Prix du Meilleur Artisan de Paix et de Cohésion Sociale, décerné au nom du Réseau des Médiatrices de Paix de Côte d’Ivoire.

C’est avec une émotion palpable et un profond sens du collectif qu’Irad Gbazalé a reçu son prix des mains du président de la République, accompagné d’un trophée, d’un diplôme d’honneur et d’une enveloppe de 10 millions FCFA. Plus qu’une distinction individuelle, elle a insisté sur la portée symbolique de ce prix : un hommage rendu aux femmes et jeunes filles, souvent invisibles, qui œuvrent au quotidien pour préserver la paix dans les zones rurales, les quartiers et les familles.
« Dans les quartiers, les villages, les marchés, les familles, nous portons la paix dans nos paroles, dans nos démarches, dans nos médiations discrètes. Nous n’avons pas toujours de micros, de caméras, ni de projecteurs. Mais nous avons nos voix, notre détermination, notre bénévolat dans la foi en la paix », a-t-elle déclaré avec force et humilité. À quelques mois d’une élection présidentielle à fort enjeu, cette récompense prend une résonance particulière. Irad Gbazalé a lancé un appel solennel à redoubler d’engagement pour prévenir les violences, désamorcer les tensions et promouvoir un dialogue politique apaisé.

« Ce prix est une reconnaissance, une double responsabilité mais il est aussi un appel. Un appel à redoubler d’engagement, surtout à l’approche d’un cycle électoral qui, s’il n’est pas bien encadré, peut réveiller des tensions dormantes. » Engagées sur le terrain, les Médiatrices de Paix entendent intensifier leurs actions de proximité, en détectant les signaux faibles, en étant présentes aux carrefours des conflits potentiels et en favorisant l’écoute, la médiation et la reconstruction des liens sociaux.
Avec une sincérité touchante, Irad Gbazalé a tenu à associer à cet honneur toutes les personnes et structures qui l’accompagnent dans ce combat quotidien pour la paix : « Nos remerciements aux guides religieux et coutumiers et aux organisations de la société civile de Côte d’Ivoire tous/ toutes dans leurs diversités. Ma profonde solidarité entre nous “Médiatrices”, qui portent ce flambeau de la paix malgré les obstacles. Et ma famille, mon époux Coulibaly K., mes enfants, sans oublier surtout toute l’équipe de ONG Femmes en Action (je sais tu sais) et Méthodiste CANAAN. »

Dans un pays qui a payé un lourd tribut aux crises sociopolitiques, le message d’Irad Gbazalé résonne comme une promesse faite à la nation. Celle de ne jamais cesser de parler, de prier, et de reconstruire les liens, dans une marche collective et déterminée vers une paix durable. « La paix ne se décrète pas, elle se construit patiemment, jour après jour, avec courage, et parfois au prix du silence et du sacrifice. » Ce prix vient ainsi rappeler que la cohésion sociale repose souvent sur des mains discrètes mais agissantes. Celles d’acteurs de l’ombre, profondément ancrés dans la réalité du terrain. Et dans ce combat, la Côte d’Ivoire pourra encore compter sur ses Médiatrices de Paix.
HG







