
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo rattrapé par une plainte explosive du PACI
Lemandatexpress – À deux mois du scrutin présidentiel, Laurent Gbagbo, fondateur du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), pensait avoir déjà assez de batailles à livrer après son exclusion de la liste électorale. Mais une nouvelle affaire vient assombrir davantage son horizon : le Parti Africain Contre l’Injustice (PACI), dirigé par Vas Samouka Diabaté, vient de déposer une plainte retentissante contre l’ancien président ivoirien.
Le PACI accuse Laurent Gbagbo d’avoir remis, au début des années 2000, la somme faramineuse de deux (2) milliards de FCFA à l’ex-président français Jacques Chirac. Une révélation qui secoue l’opinion publique et relance le débat sur la transparence dans la gestion des fonds de l’État.
« Un ex-chef d’État qui dit avoir offert deux milliards à un autre chef d’État étranger, voilà un scandale moral et éthique ! », s’indigne Vas Samouka Diabaté. Le PACI exige la restitution immédiate de cette somme à l’État de Côte d’Ivoire, assortie des intérêts générés depuis vingt-cinq ans.
Pour le PACI, cette affaire ne peut rester dans le flou. Le parti interpelle la justice afin d’éclaircir l’origine des fonds : s’agissait-il de ressources publiques ou de fonds personnels de Laurent Gbagbo ?
« Lorsqu’on parle de l’argent du peuple, on doit des explications au peuple », martèle Diabaté. Le courrier adressé au procureur rappelle en outre que si Gbagbo s’était autrefois abrité derrière le « secret d’État », le fait d’avoir lui-même révélé cette transaction impose désormais une enquête judiciaire.
Créé en 1993 et officiellement porté en 1995, le PACI se présente comme un parti d’opposition voué à dénoncer toutes les injustices et à promouvoir la transparence dans la gestion publique. « Nous ne pouvons pas laisser passer une telle affaire. La République doit être lavée de toute compromission », insiste son secrétaire exécutif.
Actuellement en pleine phase de réimplantation nationale, le PACI entend faire de ce dossier un test pour la justice ivoirienne. À travers cette plainte, il veut rappeler que sans justice, il ne peut y avoir de démocratie crédible.
Au final, une question capitale demeure : au nom de qui et pour quelles raisons Laurent Gbagbo a-t-il décidé de remettre deux milliards de francs CFA à Jacques Chirac ? Tant que cette zone d’ombre ne sera pas levée, l’ancien président restera prisonnier d’un soupçon lourd, à l’heure où il aspire encore à jouer un rôle majeur dans l’avenir politique de la Côte d’Ivoire.
Izou Dine







