
Législatives 2025 : Naufrage électoral pour Simone Gbagbo et Blé Goudé, la gauche en quête de repères
Lemandatexpress – Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le paysage politique ivoirien dessine une nouvelle réalité brutale pour les figures historiques de la gauche.
Si le RHDP assoit sa domination avec plus de 77 % des sièges, le MGC de Simone Gbagbo et le COJEP de Charles Blé Goudé sortent grands perdants de cette bataille pour l’hémicycle, n’obtenant aucun élu.
Pour Simone Ehivet Gbagbo, l’onde de choc est réelle. Après une élection présidentielle en octobre dernier où elle s’était classée troisième, son parti, le Mouvement des Générations Capables (MGC), espérait transformer l’essai en envoyant des députés à l’Assemblée. Malgré l’investiture de 14 candidats répartis dans 10 régions, le verdict est sans appel : zéro siège. Cette absence de relais parlementaire pose la question de l’ancrage territorial d’une formation qui peine à sortir de l’ombre de ses illustres fondateurs.
Le constat est tout aussi amer pour le COJEP. Bien que Charles Blé Goudé ait choisi de ne pas engager officiellement son parti sous sa propre bannière, les cadres issus de ses rangs, partis en « indépendants », ont tous mordu la poussière. Ce pari de la stratégie individuelle n’a pas suffi à fédérer les électeurs autour d’un projet de rupture, laissant le parti sans voix officielle à l’Assemblée.
Laurent Gbagbo : Le boycott et l’exception Stéphane Kipré
De son côté, le camp de Laurent Gbagbo est resté fidèle à sa ligne de contestation. En dénonçant ce qu’il qualifie de « quatrième mandat » d’Alassane Ouattara, le PPA-CI n’a pas officiellement participé au scrutin.
Toutefois, cette consigne de boycott a été bravée par une vingtaine de cadres du parti. Dans ce groupe de « dissidents », un seul nom a réussi à émerger du naufrage : Stéphane Kipré. En gagnant ce siège, il devient l’exception qui confirme la règle d’un camp socialiste fragmenté et affaibli.
Anciennement piliers du régime de la Refondation, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé se retrouvent aujourd’hui exclus du jeu institutionnel législatif. Ce fiasco électoral révèle deux défis majeurs : L’érosion de la base électorale traditionnelle face à la machine du RHDP;
La dispersion des voix au sein d’une gauche désormais éclatée en plusieurs chapelles rivales.
Désormais, sans députés pour porter leurs voix, ces leaders devront réinventer leur stratégie d’opposition extra-parlementaire s’ils veulent peser sur les échéances futures. À Gagnoa comme ailleurs, le temps où l’étiquette « gauche » garantissait une victoire facile semble définitivement révolu.
Hilaire GUEBY







