
Côte d’Ivoire : Mis en cause, le CNDH défend son impartialité et son nouveau bureau
Face aux critiques et aux accusations de partialité visant son nouveau président, le Dr Adjelou Christian Arnaud, le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) est sorti de son silence ce jeudi 16 avril. Dans une déclaration ferme, l’institution réaffirme son indépendance et appelle les acteurs politiques à la retenue.
L’ambiance est électrique autour du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) depuis le renouvellement de ses instances le 24 mars dernier. Au cœur de la tempête : le Docteur ADJELOU Christian Arnaud, nouveau président élu, dont la neutralité est ouvertement contestée par certains partis politiques et organisations de la société civile sur les réseaux sociaux.

Pour couper court à ce qu’il qualifie de « désinformation », le CNDH a publié sa première déclaration officielle de l’année (001/2026). L’institution rappelle que son fonctionnement ne repose pas sur la volonté d’un seul homme, mais sur un collège de douze membres issus de divers horizons socioprofessionnels.
« Nos décisions procèdent d’un cadre de délibération collective », précise la déclaration. Le Conseil s’appuie sur la loi de 2018 et les « Principes de Paris » (normes internationales de l’ONU) pour souligner que le pluralisme de sa composition est le rempart naturel contre toute dérive partisane.
Répondant directement aux attaques sur le profil politique supposé de ses membres, le CNDH a tenu à clarifier sa doctrine : l’impartialité d’un conseiller aux droits de l’Homme ne se mesure pas à ses opinions privées, mais à l’épreuve de ses actes et décisions dans l’exercice de ses fonctions.

En clair, le Conseil demande d’être jugé sur ses résultats en matière de protection des libertés plutôt que sur des procès d’intention.
Visiblement soucieux de protéger la crédibilité de l’institution, le Bureau Exécutif invite les détracteurs à la « retenue » pour ne pas jeter le discrédit sur un organe essentiel à la démocratie ivoirienne.
Le CNDH se dit toutefois ouvert au dialogue et prêt à fournir toute information sur le fonctionnement de son nouveau bureau, dans un souci de transparence totale. Un message qui s’adresse particulièrement à la classe politique, à l’approche des enjeux futurs de la nation.
Adoptés par les Nations Unies en 1993, les Principes de Paris définissent les critères que doivent respecter les institutions nationales des droits de l’homme (INDH) pour être considérées comme crédibles : indépendance vis-à-vis du gouvernement, pluralisme, infrastructures adéquates et pouvoirs d’autosaisine.
Hilaire Gueby







