
Mali : Le ministre de la Défense Sadio Camara tué lors d’une série d’attaques coordonnées
Lemandatexpress – Le Mali a été frappé par une nouvelle vague de violences. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué le 25 avril à Kati, près de Bamako, lors d’une attaque ciblée contre son domicile. L’information, confirmée par plusieurs sources sécuritaires, intervient au lendemain d’une offensive simultanée menée dans différentes régions du pays.
Selon les premières informations, l’assaut aurait été perpétré à l’aide d’un véhicule piégé conduit par un kamikaze. L’explosion, d’une grande intensité, a entièrement détruit la résidence du ministre. L’attaque est attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), engagé dans une opération coordonnée avec le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Cette série d’attaques s’inscrit dans une stratégie d’ampleur visant plusieurs localités maliennes. Figure centrale du dispositif sécuritaire, Sadio Camara incarnait la ligne dure adoptée par les autorités de transition face aux groupes armés, notamment dans un contexte de rapprochement avec des partenaires russes.
La disparition de Sadio Camara constitue un revers majeur pour la junte au pouvoir, tant sur le plan militaire que politique. Ces derniers mois, le ministre avait consolidé son influence au sein de l’appareil d’État, renforçant sa présence dans les hautes sphères militaires et gouvernementales.
Ancien directeur du Prytanée militaire de Kati, il s’était imposé comme un acteur clé de la réorganisation des forces armées. Sous son impulsion, les troupes occidentales, notamment celles de l’opération Barkhane, avaient quitté le territoire, laissant place à des acteurs russes, dont le groupe Wagner, récemment remplacé par Africa Corps.
Formé en Russie après un parcours militaire marqué par un séjour à Moscou à partir de 2019, Sadio Camara avait développé très tôt des liens étroits avec ce pays. Sa formation, initialement prévue sur trois ans, combinait apprentissage linguistique et instruction militaire, avant d’être interrompue par le coup d’État de 2020.
Selon jeune Afrique, depuis plusieurs années, Sadio Camara jouait un rôle déterminant dans la conduite des opérations militaires, laissant au président de transition Assimi Goïta la gestion globale de l’État. Malgré des tensions croissantes entre les deux hommes, il demeurait un pilier du régime.
En avril, il avait lancé l’opération « Dougoukoloko » (« Reconquête du territoire »), destinée à reprendre le contrôle des zones sous influence des groupes armés. Cette initiative visait à renforcer la sécurité, restaurer l’autorité de l’État et protéger les populations civiles.
Les opérations se concentraient notamment dans des zones stratégiques comme Tombouctou, Kidal et Gossi, avec l’appui d’un cercle restreint d’officiers de confiance. Sa disparition intervient donc à un moment critique et pourrait compromettre la dynamique engagée.
La mort de Sadio Camara, revendiquée par les groupes armés impliqués dans les attaques du 25 avril, représente ainsi un coup d’arrêt majeur pour la stratégie militaire en cours et soulève de nouvelles incertitudes quant à l’évolution de la situation sécuritaire au Mali.
Abran Saliho avec Jeune Afrique







