
FNER 2026 – Bouna, Odienné, Aboisso et Bongouanou : Les régions prises d’assaut par des milliers de jeunes en quête d’opportunités
Lemandatexpress – Après le succès de sa phase centrale organisée à Abidjan du 18 au 21 mai 2026, la 3e édition de la Foire Nationale de l’Emploi et du Recrutement (FNER) poursuit son déploiement à l’intérieur du pays. Dans les différentes localités retenues, les espaces aménagés par le ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique accueillent une forte affluence de jeunes à la recherche d’emplois, de formations ou de financements.
Cette phase décentralisée met à la disposition des populations un portefeuille de 86 290 opportunités réparties sur l’ensemble du territoire national. De Bouna à Aboisso, en passant par Odienné et Bongouanou, les jeunes mobilisés voient dans cette initiative une réponse concrète aux difficultés d’accès aux opportunités souvent concentrées dans la capitale économique.
À Bouna, dans la région du Bounkani, le nouveau foyer des jeunes a enregistré une importante mobilisation dès l’ouverture de la foire. Diplômés, artisans et porteurs de projets se sont déplacés en nombre pour saisir les opportunités offertes.
« C’est la première fois que nous voyons un tel déploiement pour l’emploi ici à Bouna. D’ordinaire, il fallait économiser le transport et loger à Abidjan pour espérer participer à ce genre de salon. Aujourd’hui, la foire est chez nous. Mes attentes sont claires. Je suis venu postuler pour un stage d’immersion dans une exploitation agricole moderne ou décrocher un financement pour mon propre projet de maraîcher. Nous saluons vraiment le gouvernement pour cette chance inestimable accordée aux jeunes du Bounkani », se réjoui Kambou Ollo, 24 ans, titulaire d’un BT en Agriculture.
Même enthousiasme à Odienné, où les jeunes se sont massivement dirigés vers les guichets de l’Agence Emploi Jeunes, notamment pour la validation de plans d’affaires et l’accompagnement à l’entrepreneuriat.
Mariam Touré, 27 ans, porteuse d’un projet de transformation de produits locaux, nourrit de grands espoirs grâce à cette initiative. « À Odienné, la jeunesse a des idées et de l’ambition, mais l’accès au financement reste notre principal goulot d’étranglement. Cette foire régionale est une bénédiction. J’ai pu bénéficier des conseils des experts pour peaufiner mon business plan et j’espère repartir d’ici avec un accord de financement. Que l’État vienne à nous de cette manière, cela nous donne la force de rester et de développer notre région plutôt que de rêver d’exode rural », fait-elle savoir.

Dans le Sud-Comoé, la ville d’Aboisso vit également au rythme de la FNER. Quelques jours après les festivités de la fête des mères, la cité s’est transformée en véritable plateforme de rencontres entre recruteurs et demandeurs d’emploi.
Pour Jean-Eudes Koffi, 26 ans, diplômé en logistique, cette proximité avec les entreprises constitue une opportunité précieuse. « Aboisso est une zone dynamique, mais la connexion avec les recruteurs nationaux manquait de fluidité. Grâce au Job Dating organisé sur le site, j’ai pu passer deux entretiens directs ce matin avec des entreprises industrielles de la place. C’est un gain de temps et une opportunité incroyable. J’attends de cette FNER qu’elle débouche sur de vrais contrats de travail ou des stages de qualification durables pour toute cette jeunesse mobilisée que vous voyez ici ».
À Bongouanou, dans la région du Moronou, les activités se déroulent à la préfecture de région, où plusieurs ateliers sont proposés aux participants. Rédaction de CV, simulations d’entretiens d’embauche et découverte des métiers d’avenir figurent parmi les principales offres d’accompagnement.
Parmi les bénéficiaires, Amoikon Affoué, 22 ans, venue chercher une formation qualifiante, se réjouit de l’inclusivité de la foire. « Je n’ai pas pu terminer mes études secondaires, et je pensais que cette foire n’était réservée qu’aux grands diplômés d’Abidjan. Mais les conseillers m’ont prouvé le contraire. J’ai découvert qu’il y avait des places pour les formations à insertion directe et les Travaux à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (THIMO). Je me suis inscrite immédiatement. Mon attente est d’apprendre un métier pratique pour me prendre en charge et retrouver ma dignité. Merci au gouvernement de n’avoir oublié personne », indique-t-elle.

À travers cette décentralisation, la FNER 2026 confirme sa volonté de rapprocher les opportunités des jeunes, quel que soit leur lieu de résidence. De Bouna à Bongouanou, en passant par Odienné et Aboisso, la mobilisation observée témoigne de l’intérêt suscité par cette initiative nationale en faveur de l’insertion professionnelle.
Il faut noter que la clôture de cette troisième édition est prévue ce mercredi 3 juin 2026.
Abran Saliho avec Sercom






