
Coupe du monde 2026 : le Sénégal et la France à l’heure des vieux comptes à New York
Ce soir, à 19 heures, le MetLife Stadium sera le théâtre d’un choc que les amoureux du football attendaient depuis le tirage au sort de Las Vegas, en décembre dernier. Le Sénégal, champion d’Afrique en titre, entre dans la compétition face à la France. Pas n’importe quelle entrée en matière. Pas n’importe quel adversaire.
Depuis que les deux pays sont tombés dans le même groupe, la planète foot n’a plus pensé qu’à ça. Et pour cause : on ne rejoue pas ce genre de match sans que les fantômes de 2002 ne viennent rôder. Cette victoire sénégalaise, inattendue, retentissante, qui avait fait l’effet d’un séisme lors de la première journée en Corée — elle est encore là, quelque part, dans les mémoires.
La France favorite sur le papier mais…
Sur le papier, la France demeure l’une des grandes favorites de cette Coupe du monde. Première nation au classement FIFA avant le tournoi, elle possède un effectif capable de viser un troisième titre mondial. Mais la préparation n’a pas été un long fleuve tranquille.
Battus successivement par la Côte d’Ivoire, le Brésil et la Colombie, les Bleus ont néanmoins retrouvé de la confiance en dominant l’Irlande du Nord (3-1) lors de leur dernier match amical.
Didier Deschamps, qui dispute son dernier Mondial à la tête de la sélection française, s’appuiera sur un groupe mêlant expérience et jeunesse. Au milieu de terrain, N’Golo Kanté, Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot auront la responsabilité de dicter le rythme et d’apporter l’équilibre nécessaire à l’équipe.
Devant, les regards seront tournés vers Kylian Mbappé, capitaine et principal atout offensif des Bleus.
À ses côtés, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Désiré Doué, Bradley Barcola ou encore Marcus Thuram offrent à la France une puissance de feu impressionnante.
Double championne du monde et finaliste lors des deux dernières éditions, la France connaît parfaitement les exigences du très haut niveau. Face au Sénégal, elle devra toutefois rapidement trouver son rythme pour éviter toute mauvaise surprise lors de cette entrée en lice.
Le Sénégal, sans complexe
Les Lions de la Téranga ne débarquent pas à New York en victimes expiatoires. Sous les ordres de Pape Bouna Thiaw, ils ont affiché de belles choses en préparation. Battre les États-Unis trois buts à deux chez eux, ça n’a rien d’anodin. Un nul contre l’Arabie Saoudite ensuite, et une défense qui n’a pas craqué : les signaux sont encourageants.
Leur jeu ? Un bloc compact, solide, difficile à manœuvrer, avec une vraie capacité à punir en transition. Abdou Diallo, 29 ans, sera l’homme fort de l’axe défensif face aux offensives françaises. Un joueur expérimenté, calme, qui connaît les exigences du très haut niveau. Le Sénégal n’est pas une équipe de stars isolées — c’est un collectif, une identité, une intensité. Un adversaire que personne ne devrait avoir envie d’affronter.
Son palmarès en Coupe du Monde parle pour lui : quart de finaliste en 2002, huitième de finaliste en 2022. Les Lions n’ont jamais été commodes, et ce soir, ils n’auront rien à perdre.
Plus qu’un match de football
Ce qui rend cette rencontre encore plus particulière, c’est ce qu’elle charrie au-delà du sport. Une bonne partie des joueurs sénégalais sont nés ou ont grandi en France. Certains se connaissent depuis l’enfance, depuis les centres de formation, depuis les terrains de banlieue. Ce soir, ils seront en face les uns des autres, sous des maillots différents, dans un stade américain, pour un match qui comptera.
C’est ça aussi, le football mondial. Ces histoires qui se croisent, ces liens qui compliquent les duels, cette humanité qu’on oublie parfois derrière les statistiques et les classements FIFA. Ce soir, la France et le Sénégal ne joueront pas qu’un match de groupe. Ils rejoueront quelque chose de plus grand.
Martial Galé
Lemandatexpress.net






