
Forêt classée de Yapo-Abbé : le gouvernement intensifie la reconquête du patrimoine forestier national
Le gouvernement ivoirien poursuit sa stratégie de reconquête des forêts classées illégalement occupées. Après une vaste opération de déguerpissement et de sécurisation menée du 2 au 10 juin 2026 dans la forêt classée de Yapo-Abbé, le ministère des Eaux et Forêts annonce une nouvelle phase d’intervention destinée à restaurer totalement l’autorité de l’État sur ce massif forestier stratégique.
Conduite par les agents des Eaux et Forêts avec l’appui de la Gendarmerie nationale, cette première opération s’inscrit dans la politique nationale de préservation et de restauration du couvert forestier ivoirien. Selon le ministère, les actions engagées ont permis d’obtenir des résultats significatifs tant sur le plan sécuritaire que territorial.
Les équipes déployées sur le terrain ont procédé à la saisie de quatre fusils de calibre 12, de huit munitions, de deux motocyclettes ainsi que de deux atomiseurs. Quatre personnes ont également été interpellées puis remises aux autorités compétentes pour la suite de la procédure.
Sur le plan foncier, l’opération a permis la reprise effective de 6 532 hectares, représentant 25,75 % de la superficie totale de la forêt classée de Yapo-Abbé, estimée à 25 367 hectares. Les évaluations réalisées sur le terrain font également état d’un climat globalement apaisé et de l’absence de véritables campements permanents à l’intérieur du périmètre forestier.
Fort de ces résultats, le ministère des Eaux et Forêts entend maintenir la pression. Une deuxième phase des opérations a ainsi été lancée depuis le 15 juin et se poursuivra jusqu’au 14 juillet 2026. Elle vise la reconquête et la sécurisation des 18 835 hectares restants, soit 74,25 % de la superficie du massif.
Au-delà de la seule forêt classée de Yapo-Abbé, cette opération traduit la volonté du gouvernement de récupérer progressivement l’ensemble des forêts classées occupées illégalement à travers le pays. L’objectif affiché est de préserver durablement les ressources forestières nationales, tout en renforçant la présence et l’autorité de l’État dans ces espaces protégés.
Le ministère rappelle par ailleurs que toute occupation ou exploitation illégale des forêts classées constitue une infraction passible des sanctions prévues par la législation en vigueur. Il invite les populations concernées à se conformer aux dispositions légales afin d’éviter tout contentieux avec l’administration forestière.
Saluant l’engagement des agents des Eaux et Forêts, des éléments de la Gendarmerie nationale et de l’ensemble des acteurs mobilisés, le ministère exprime également sa gratitude aux populations riveraines pour leur collaboration durant les opérations.
Pour les autorités ivoiriennes, la protection des forêts classées demeure une priorité stratégique nationale. Un enjeu environnemental majeur qui s’inscrit au cœur des efforts de restauration du couvert forestier et de lutte contre la dégradation des écosystèmes. Le message du gouvernement est clair : aucune portion du domaine forestier national ne saurait échapper à l’autorité de la République.
Martial Galé







