
PDCI-RDA : Thiam, une gestion au gré de restructurations plus clivantes qu’opérantes
Lemandatexpress – Au PDCI-RDA, les réformes et autres restructurations entreprises par Tidjane Thiam n’ont toujours pas permis le bond politique espéré. Au contraire, le parti octogénaire vit au rythme de tensions internes qui mettent à mal sa vitalité.
À la suite de la démission inattendue de Jean-Michel Amankou du poste de secrétaire exécutif chargé des élections, Tidjane Thiam a procédé à de nouvelles nominations, le mercredi 8 juillet. Outre ce poste stratégique, désormais occupé par Yao Kouadio Roland, le président du PDCI-RDA a porté son choix sur Gobo Yokoré Bernard pour les relations avec les élus et sur Akoto Kouassi Olivier pour les Arts et la Culture.
Ces restructurations traduisent certes une volonté manifeste de consolider l’organisation interne du parti, ce qui relève, en principe, d’une démarche normale. Toutefois, elles rappellent combien, depuis son accession à la tête du PDCI-RDA, Tidjane Thiam peine à stabiliser son équipe dirigeante. Entre réformes organisationnelles et nominations de personnalités, ses choix se heurtent régulièrement à des contestations.
Les premières grognes remontent à l’instauration des hauts représentants dans les districts. L’exemple le plus marquant demeure la crise survenue dans le Gôh-Djiboua en 2024, quelques mois seulement après la nomination de Me Zéhouri Bertin Paul Arnaud.
Son investiture à Divo, le 11 mai 2024, avait été entachée de vives contestations internes. Des cadres ainsi que des secrétaires généraux de section l’accusaient de s’attribuer des prérogatives sans l’aval de la base militante et d’alimenter les divisions locales.
Près d’un mois plus tard, le 8 juin, Tidjane Thiam le remplaçait par le maire de Diégonéfla, Bagrou Goli Jean Simon, nommé nouveau haut représentant du district autonome du Gôh-Djiboua.
Dans le district des Lagunes, si le ministre Yapo Calice est toujours en fonction, sa nomination ne s’est pas non plus déroulée sans heurts. Elle a notamment contribué à la dégradation de ses relations avec Yapo Valérie.
Plus largement, c’est la création même de cette fonction de haut représentant qui avait suscité la fronde de plusieurs cadres. Au-delà du choix des hommes et de l’intitulé du poste, les critiques portaient sur la gouvernance et le respect des textes du parti. Selon les contestataires, aucune disposition statutaire n’autorisait Tidjane Thiam à instaurer cette réforme.
Cette situation interroge la gouvernance du successeur d’Henri Konan Bédié. La force d’un dirigeant s’apprécie à l’aune de sa capacité à impulser une dynamique, à fédérer les énergies autour d’une vision claire, à déléguer efficacement les responsabilités, à assurer une coordination harmonieuse et à poursuivre des objectifs définis à court, moyen et long termes.
Or, les décisions et orientations de Tidjane Thiam semblent, pour la plupart, suivies de contestations. La récente restructuration des délégations, marquée par la nomination de délégués titulaires, nourrit à son tour de nouvelles dissensions.
Les événements survenus à Kouassi-Kouassikro, opposant le vice-président Koffi Yao Jean-Paul au ministre Gnamien Yao, en constituent une illustration.
Plus généralement, entre hauts représentants, responsables de base et membres de la direction du parti, une guerre larvée semble s’être installée à la suite de cette orientation. Du coup, l’objectif initial, qui consistait à redynamiser le parti à partir de sa base militante, apparaît ainsi détourné.
Cette situation met en lumière les difficultés de Tidjane Thiam à conduire sereinement la gouvernance du PDCI-RDA et à fédérer durablement les différentes composantes de son parti.
M. Galé







