Migration: Des structures des dispositifs d’accueil plaident pour une gouvernance fondée sur des données fiables
La mise en œuvre efficace des politiques migratoires se heurtent à plusieurs obstacles structurels et opérationnels.
Pour répondre à ces défis, des acteurs, issus de 14 structures de dispositifs migratoires ont plaidé, jeudi 30 juillet 2026 à Cocody-Abidjan, lors d’un atelier de co-construction de l’outil de profilage unique des migrants de retour, en vue d’une gouvernance fondée sur des données fiables.
A l’ouverture des travaux, le directeur général de la Direction générale DGIE, Gaoussou Karamoko, a appelé l’ensemble des acteurs à unir leurs efforts afin de relever les défis liés à la gestion des migrations. Selon lui, la mise en place d’une base de données commune et le partage d’informations fiables avec l’État constituent des leviers essentiels pour améliorer les politiques publiques.
Le responsable de la DGIE a estimé que la disponibilité de données harmonisées permettra de dépasser une approche centrée sur la gestion des crises pour évoluer vers une véritable gouvernance des données migratoires. Il a insisté sur la nécessité de disposer d’informations communes afin d’anticiper les phénomènes migratoires plutôt que d’y répondre dans l’urgence.
« Je voudrais juste pouvoir compter sur notre engagement ensemble pour relever ce défi majeur sur les questions d’immigration en Côte d’Ivoire », a déclaré Gaoussou Karamoko. Il s’est dit convaincu que la constitution d’une base de données partagée permettra d’aller au-delà de la gouvernance des données pour instaurer une véritable gouvernance de la migration.
Le directeur général de la DGIE a également regretté que l’absence d’un dispositif commun de collecte et de partage des informations conduise encore les institutions à agir de manière dispersée. Pour lui, cette situation favorise le tâtonnement et empêche toute capacité d’anticipation face aux défis migratoires.
De son côté, Sweta Bonnet, cheffe de projet Réintégration durable des personnes migrantes de retour en Côte d’Ivoire et lutte contre la traite (MIGRET), a rappelé que la Côte d’Ivoire occupe une position stratégique en Afrique de l’Ouest. Selon elle, la Côte d’Ivoire, pays d’accueil, de transit et d’origine des migrants, elle est au cœur des dynamiques migratoires régionales, marquées notamment par la libre circulation au sein de la CEDEAO, les opportunités économiques ainsi que les défis sécuritaires, climatiques et démographiques.
«Dans un tel contexte, les données migratoires représentent bien plus qu’un simple outil statistique. Elles constituent un instrument indispensable pour orienter les politiques publiques, améliorer la planification du développement, renforcer la protection des migrants et promouvoir une gestion des migrations fondée sur des données probantes», a-t-elle signifié.
Elle a par la suite indiqué que les travaux devraient permettre de définir une feuille de route pour le transfert des données vers la DGIE, tout en examinant la mise en place d’un outil unique de collecte destiné au profilage des migrants. Elle a également invités les participants à partager leurs expériences, à identifier les difficultés communes et à proposer des solutions pour renforcer le système national d’information sur les migrations.
« Pour les organisateurs, cette rencontre doit déboucher sur des recommandations consensuelles visant à améliorer la coordination institutionnelle et l’harmonisation durable des données migratoires», a-t-elle rélevé, avant d’ajouté qu’elle espère que cette dynamique contribuera à renforcer la qualité, la fiabilité et la cohérence des informations, conditions essentielles à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi de politiques publiques efficaces en matière de migration.
L’initiative a pour objectif le renforcement de la coordination et de la gouvernance des données. Il permettra de présenter le dispositif de centralisation et de gestion des données auprès de la Direction générale des ivoiriens de l’exterieur, d’établir la feuille de route pour le processus de données collectées, ainsi qu’un outil unique.
Le rendez-vous est organisé par la DGIE en collaboration avec la Direction de l’accueil, de l’orientation et du suivi des actions de réinsertion (DAOSAR). Il bénéficie de l’appui du consortium MIGRET.
Kouassi N’Goran







