Dialogue direct à Port-Bouët, l’OIA au cœur des réclamations sur le cacao, ces chiffres renversants de l’orpaillage illégal… (La Matinale express)
Tenue hier au Parc des expositions de Port-Bouët, la Journée internationale de la jeunesse a été l’occasion d’établir un dialogue direct entre le gouvernement et les jeunes Ivoiriens. Pendant ce temps, la filière cacao continue de susciter grogne et indignation, avec l’Organisation Interprofessionnelle Agricole ( OIA) au cœur des réclamations. Autre sujet de préoccupation : l’orpaillage illégal, dont les chiffres connaissent une progression spectaculaire. Sur le front politique, plaidoyer pour la cohésion au PDCI-RDA, tandis que le PPA-CI sort de sa réserve sur l’absence de Laurent Gbagbo à la fête nationale célébrée à Yopougon.
Des milliers de jeunes mobilisés, hier, au Parc des expositions de Port-Bouët, relève Le Mandat. Le jeu en valait la chandelle en cette Journée internationale de la jeunesse, qui coïncidait avec la deuxième journée des Consultations nationales de la jeunesse. Face à plusieurs membres du gouvernement, avec à leur tête le Premier ministre Robert Beugré Mambé, le cadre était tout indiqué pour des échanges sans intermédiaires.
Utilisation des réseaux sociaux, lutte contre la drogue et intelligence artificielle : ce sont, entre autres, trois préoccupations soumises par les organisations de jeunesse. Des échanges qui ont alimenté ce que Le Patriote a qualifié de « dialogue direct gouvernement-jeunes » à Port-Bouët.
Les réponses du gouvernement aux préoccupations soulevées se veulent rassurantes. L’Inter fait ainsi état d’« un fonds de 4 milliards mis à disposition ». Au total, ce sont « 5,3 millions de jeunes visés » et à impacter à l’horizon 2030, indique L’Intelligent d’Abidjan.
En clair, le gouvernement est déterminé à « faire sa part ». Déjà, dans le domaine de la santé, plus de 100 000 agents sont visés grâce à de nouvelles Conventions pour la Jeunesse, fait savoir RHDP 24.
Ces annonces interviennent toutefois dans un contexte marqué par les grognes persistantes dans la filière cacao. La campagne 2025-2026 a été plombée par la chute vertigineuse des cours mondiaux. De plus, la mesure de rachat portant sur 100 000 tonnes de stocks résiduels continue de nourrir les récriminations des acteurs.
Sept organisations de la filière sont montées au créneau, selon Le Bélier Intrépide, exigeant « un audit indépendant sur ces stocks ». « Des planteurs réclament des comptes, l’OIA détient les réponses », renchérit L’Avenir. De son côté, Aujourd’hui croit savoir que « le programme de rachat de l’OIA a été clôturé ». Mais le débat est loin d’être clos.
En effet, à en croire Le Temps, qui évoque un scandale de 291 milliards de FCFA, des producteurs menacent de tout bloquer. Ils promettent de prendre leurs responsabilités tout en appelant le président de la République à « réagir ».
Autre sujet d’inquiétude sur le front économique : l’orpaillage illégal, dont l’ampleur prend des proportions dantesques. Malgré les alertes et les différentes mesures dissuasives prises par le gouvernement, le phénomène semble gagner du terrain. Les chiffres publiés par Le Jour illustrent l’urgence. Selon le confrère, les sites d’orpaillage illégal sont passés de 241 en 2022 à plus de 1 600 en 2026.
Alors que Le Jour plus insiste sur la nécessité pour l’État de réagir face à ce fléau, Affi N’Guessan, président du FPI, passe à l’offensive. Dans les colonnes de Notre Voie, l’opposant estime que « le gouvernement est complice » de cette activité qui cause d’importants dégâts aux populations, notamment à travers la pollution des ressources hydriques et la dégradation des sols.
Sur le plan politique, Le Nouveau Réveil plaide pour la cohésion au sein du parti doyen, avec cette formule : « Le PDCI ne doit pas détruire le PDCI-RDA ». Et d’ajouter : « Pro-Thiam, pro-Guikahué, balle à terre. » Au PDCI-RDA, les invectives et autres attaques contre les personnalités se multiplient, illustrant des fractures internes qui contribuent à fragiliser davantage le parti.
De son côté, le PPA-CI sort de sa réserve après la parenthèse du 66e anniversaire de l’indépendance. Le Secrétaire général, Jean Gervais Tchéidé, évoques, selon La Voie originale, les raisons de l’absence de Laurent Gbagbo à la célébration officielle organisée à Yopougon. Pour lui, il ne faut pas perdre de vue le vrai débat. Invité par le chef de l’État, le président du PPA-CI avait décliné l’offre, sans donner davantage de raisons. Nous y reviendrons.
À demain.
Martial Galé







