Lutte contre la pollution des eaux : le ministre Assahoré valide un plan action national  

 À l’issue de trois jours d’atelier, les 17, 18 et 19 septembre 2026 à Bouaké, la Côte d’Ivoire a validé un plan d’action national visant à mieux prévenir et combattre la pollution des ressources en eau, notamment celle liée à l’exploitation minière illégale.

À la clôture des travaux, le ministre des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques, a expliqué que ce plan doit permettre de passer d’un cadre de concertation à une véritable « architecture d’action », avec des objectifs précis, des responsabilités définies, un calendrier, des mécanismes de financement et un dispositif de suivi et d’évaluation.

Le document repose sur six axes : l’identification des sources de pollution, la lutte contre l’exploitation minière illégale et les autres activités polluantes, la coordination des acteurs, la surveillance des ressources en eau, la sensibilisation et la formation, ainsi que la restauration des sites et des berges dégradés.

Selon Assahoré Konan Jacques, l’efficacité du plan devra se mesurer à ses résultats sur le terrain. « La valeur de ce plan se mesurera à sa capacité à produire des changements visibles », a déclaré le ministre. Il cite notamment une meilleure connaissance des sources de pollution, des systèmes d’alerte plus efficaces, des berges restaurées et une eau plus sûre pour les populations.

L’orpaillage illégal dans le viseur

Le ministre a particulièrement insisté sur les effets de l’exploitation minière illégale sur les cours d’eau. Le mercure et le cyanure utilisés sur certains sites, ainsi que les sédiments issus du décapage des sols, contaminent les eaux et dégradent les berges et les écosystèmes. Ces dégâts affectent également la santé des populations, l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture, la pêche et les moyens de subsistance des communautés riveraines.

 « La lutte contre la pollution des eaux est à la fois une exigence écologique, un impératif de santé publique, un enjeu de souveraineté et une condition de paix durable », a affirmé Assahoré Konan Jacques. Le ministre a appelé à renforcer les opérations de contrôle sur le terrain, avec l’appui des forces de défense et de sécurité, tout en préconisant des alternatives économiques crédibles pour les populations concernées. Pour assurer la mise en œuvre du plan, quatre exigences ont été retenues : la solidarité entre les institutions et les territoires, la rigueur dans la surveillance et l’application des sanctions, la proximité avec les communautés locales, ainsi que la durabilité du financement et des interventions.

« Aucune institution, quelle que soit l’étendue de ses compétences, ne peut relever seule le défi de la pollution des eaux », a déclaré le ministre, rappelant que les cours d’eau et les bassins versants dépassent les limites administratives et, parfois, les frontières nationales. Il a également invité les partenaires techniques et financiers à soutenir la mise en œuvre du plan et les acteurs du secteur minier à participer à la réhabilitation des sites dégradés. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement du nouveau Code de l’eau adopté en 2023 et de la création, le 5 avril 2024, du Comité national de lutte contre la pollution des eaux.

Pour Assahoré Konan Jacques, la validation du plan constitue « le véritable point de départ » de sa mise en œuvre. Son département, a-t-il assuré, veillera à la mobilisation des ressources et au suivi de son exécution.

Martial Galé, avec Sercom MINEF

lemandatexpress.net

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