Lemandatexpress – De Pékin à Shanghai, la délégation ivoirienne conduite par le ministre des Transports et des Affaires Maritimes a posé, du 14 au 22 septembre 2026, les bases de la deuxième phase du projet de Systèmes de Transport Intelligents. Une mission stratégique qui s’inscrit dans l’ambition nationale d’ériger la Côte d’Ivoire en véritable hub africain de la mobilité multimodale.
C’est avec un carnet de route particulièrement fourni et des perspectives ambitieuses que la mission officielle est revenue d’Asie. Répondant à l’invitation du géant technologique Huawei, implanté depuis deux décennies sur le sol ivoirien et fort d’un déploiement mondial de plus de 1 200 systèmes de mobilité intelligente, la Côte d’Ivoire poursuit sa quête des meilleures pratiques internationales. Après avoir exploré les modèles japonais et américain, le pays braque cette fois ses projecteurs sur l’expertise chinoise en matière de technologies de pointe.
La première étape de cette immersion s’est ouverte dans la capitale chinoise, à l’initiative de la Banque Asiatique d’Investissement dans les Infrastructures. Les échanges lors de la Semaine des Connaissances sur les Transports ont principalement porté sur l’intégration portuaire, la logistique durable et la résilience climatique. Ce rassemblement a notamment permis de mettre en lumière l’octroi d’une enveloppe de 4,8 millions de dollars US attribuée à la Côte d’Ivoire.
Ces fonds serviront à mener les analyses technico-économiques ainsi que la structuration des partenariats public-privé pour le projet de transport lagunaire par barge. Pour garantir la mise en œuvre rigoureuse de ces études, la création imminente d’une Unité de Coordination de Projet et d’un comité d’attribution des autorisations a été confirmée.

Cette nouvelle impulsion s’appuie sur le bilan probant de la première phase du programme déployée entre 2024 et 2025. Les données recueillies témoignent d’une nette amélioration de la sécurité routière, marquée par une baisse significative du taux d’infractions, un recul des accidents de près d’un quart et un gain d’efficacité spectaculaire des services de secours, dont le délai d’intervention est passé d’une heure à seulement quinze minutes. Salué par le partenaire chinois comme l’une des initiatives les plus novatrices du continent, ce premier volet a néanmoins mis en exergue le besoin d’étendre un réseau dont la couverture autoroutière et la surveillance globale demeurent encore partielles.
Afin de franchir un cap supérieur, la seconde phase en préparation entend étendre la couverture du réseau intelligent à près de la moitié du territoire ciblé, tout en accentuant la baisse de la mortalité routière. Le projet prévoit également la création d’un Centre national d’opération des transports et le déploiement d’une plateforme sécurisée dédiée au suivi des véhicules commerciaux.
Durant le forum Huawei Connect à Shanghai, la délégation ivoirienne a parcouru les centres d’exposition consacrés aux villes intelligentes et aux infrastructures routières numérisées. Au contact des ingénieurs du groupe, les représentants ivoiriens ont approfondi les enjeux liés à la cybersécurité, aux communications critiques et à la maintenance prédictive, dessinant ainsi la feuille de route d’un réseau national entièrement interconnecté.
Zéphirin Gohia



