Lemandatexpress – Abidjan accueillera les 4 et 5 décembre 2026 la première édition du Salon africain des insectes comestibles (SAFRIC). Organisé par INSECTAFRIQ, sous l’égide de la Fondation Mutation, avec l’appui scientifique du Centre national de recherche agronomique (CNRA), le salon est placé sous le parrainage de M. Ahoua N’Doli Théophile, Inspecteur général d’État.
L’annonce a été faite le 30 septembre 2026, lors d’une conférence de presse à Cocody Riviera Faya, en présence notamment du commissaire général du SAFRIC, Hassan Hoteit, de l’ambassadeur des insectes comestibles en Côte d’Ivoire, François Kency, et d’Eunice Kouassi, gérante associée d’Insectafriq. Placée sous le thème « Se nourrir autrement pour une souveraineté alimentaire de l’Afrique », cette première édition ambitionne de contribuer à l’émergence d’une filière africaine des insectes comestibles structurée, professionnelle, innovante, traçable et finançable.
De la vulgarisation à la structuration
Pour Hassan Hoteit, le secteur entre désormais dans une nouvelle phase. « On a fini l’étape de la vulgarisation. On est passé à l’étape des fermes. Aujourd’hui, il est question de la transformation et de l’évacuation. On ne peut parler d’évacuation si on n’est pas organisé », a-t-il expliqué. Le commissaire général estime ainsi que le SAFRIC doit servir de plateforme pour structurer, normer, financer et promouvoir la filière, en rapprochant producteurs, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, institutions et distributeurs. « Ce salon viendra pour mettre une information en place sur les principes de qualité pour une bonne structuration de cette activité. Il sera un levier qui nous permettra de développer nos produits et de mobiliser tous les experts de la filière », a-t-il également souligné. En Côte d’Ivoire, Insectafriq affirme avoir déjà contribué à la formation de 2 000 personnes, notamment dans l’élevage des hannetons. La production destinée à la commercialisation dans les grandes surfaces est actuellement estimée entre deux et trois tonnes. Pour Hassan Hoteit, le défi est désormais de passer à une production à plus grande échelle: « Ce genre de projet a vraiment besoin de tonnage.»
Quatre priorités pour une filière africaine
Le SAFRIC 2026 s’articulera autour de quatre axes: souveraineté alimentaire, innovation et nutrition, économie circulaire et emplois verts. L’objectif est de développer une production locale et traçable, de promouvoir les innovations alimentaires à base d’insectes, de valoriser les ressources dans une logique d’économie circulaire et de créer de nouvelles opportunités pour les jeunes, les femmes et les PME africaines. Le programme prévoit une dizaine de panels, des rencontres B2B, des ateliers sur les normes, des échanges scientifiques, une masterclass de chef, des pitchs d’entrepreneurs, un forum des jeunes et un panel consacré au financement. Plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et la République démocratique du Congo, sont attendus à Abidjan. À travers cette première édition, les organisateurs souhaitent poser les bases de standards communs, de partenariats, d’investissements et d’un véritable marché africain des insectes comestibles.
Mathias Kouamé



