Yopougon : Le maire Adama Bictogo reçoit les premières données du futur atlas de la commune

Lemandatexpress – La commune de Yopougon franchit une nouvelle étape dans la réalisation de son premier atlas cartographique. Les premières données démographiques, présentées ce lundi 5 octobre 2026 au député-maire Adama Bictogo, permettent notamment de mieux cerner la répartition de la population, sa composition par sexe, le sex-ratio et la densité, quartier par quartier.

Abidjan, Yopougon. Plus de 1,5 million d’habitants, 153 km² de territoire, et jusqu’ici aucune carte de référence partagée par tous. C’est pour combler ce vide que la commune de Yopougon s’est engagée dans la réalisation de son premier atlas cartographique. Les premières données en ont été présentées ce lundi 5 octobre 2026 à la mairie centrale, lors d’une réunion de municipalité présidée par le député-maire Adama Bictogo.

Porteur du projet, le professeur Yeo Lanzéni, chercheur spécialisé en cartographie et en urbanisme, a livré à l’équipe municipale le profil démographique de la commune : répartition générale de la population, découpage par sexe, sex-ratio et densité, le tout spatialisé quartier par quartier.

L’initiative part d’un constat simple. « Nous avons constaté qu’à Yopougon, il n’existait pas de données spatialisées sur l’ensemble de la commune. Dès qu’on avait un projet nécessitant une répartition spatiale de ses atouts, on se heurtait à ce problème », a expliqué le professeur Lanzéni. D’où la cartographie proposée au député-maire, appelée à mettre en avant les atouts et le confort urbanistique de la commune.

Unifier les différents découpages

Le projet s’attaque d’abord à une difficulté de fond : le découpage administratif de Yopougon varie selon les sources. Trois organismes certifiés produisent chacun leur propre découpage : l’Institut de géographie tropicale de l’Université Félix Houphouët-Boigny, le Comité national de télédétection et d’information géographique (CNTIG) et l’Agence nationale de la statistique (ANStat). Aucun ne correspond à celui qu’utilise l’autorité municipale.

« Notre premier souci, c’est d’uniformiser les différents découpages de la commune, de sorte que tout le monde puisse être à l’aise en les utilisant », a précisé le chercheur.

« Yopougon est la commune la plus peuplée de Côte d’Ivoire, avec plus de 1,5 million d’habitants », a-t-il rappelé. La commune s’étend sur 153 km² de surface terrestre, auxquels s’ajoutent environ 2,5 km² de plan d’eau lagunaire. Contrairement à une idée répandue, elle n’est toutefois pas la plus vaste du pays : la commune voisine de Songon la dépasse en superficie.

Des contrastes démographiques selon les quartiers

À l’échelle de la commune, les données font apparaître une quasi-parité entre hommes et femmes. Le détail par quartier révèle toutefois des contrastes. Les hommes sont légèrement plus nombreux à l’Île Boulay, à Gesco, à Port-Bouët 2, dans la zone industrielle et à Andokoi. À l’inverse, les femmes dominent à l’Ananeraie et dans plusieurs secteurs de Niangon (première et deuxième tranches, secteur résidentiel, Niangon Sud-Ouest).

Une cartographie de terrain en cours

La phase de terrain est déjà engagée. « Nous allons déployer les équipes dans tous les secteurs, tous les coins et recoins de Yopougon, afin de scanner toute la commune et faire ressortir tous ses atouts comme toutes ses insuffisances urbanistiques », a annoncé le professeur Lanzéni.

Le travail se fera par couches successives : l’espace aérien d’abord (températures, pluviométrie, saisons des pluies), puis la trame urbaine, avec le bâti et les équipements, et enfin le sous-sol, avec la pédologie et la composition des sols.

L’atlas comportera également des études détaillées sur le milieu naturel, le domaine public, la justice, la défense, la sécurité et la protection civile, mais aussi sur la santé, l’éducation, le transport, la religion et l’économie. S’y ajouteront l’hôtellerie et la restauration, le sport et les aires de repos, ainsi que la dynamique urbaine de la commune.

Un outil d’aide à la décision

Pour la municipalité, l’enjeu est d’investir là où les besoins sont réels. « Quand vous prenez la tranche des 0 à 4 ans, les nourrissons, on saura où ils se trouvent. S’il faut construire un hôpital, on saura où l’installer pour que cette population en bénéficie », a illustré le chercheur. Il en va de même, selon lui, pour les plus de 60 ans, davantage exposés à l’hypertension et au diabète.

Avec le déploiement des équipes sur le terrain, l’atlas entre désormais dans sa phase opérationnelle. À terme, il doit offrir à la mairie de Yopougon un outil d’aide à la décision commun à tous les acteurs, pour orienter ses investissements vers les quartiers et les populations qui en ont le plus besoin.

Source: Sercom

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