Diplomatie parlementaire : Yamoussoukro accueille une formation de l’APF pour renforcer l’ingénierie législative en Afrique francophone

En marge de l’ouverture de la 2e session ordinaire du Sénat ce lundi 12 octobre 2026, Yamoussoukro est devenue le carrefour de la diplomatie parlementaire francophone. Du 12 au 15 octobre 2026, la capitale politique ivoirienne accueille une session de formation certifiante, intitulée : « De l’idée à la loi : renforcer l’initiative parlementaire en Afrique francophone ».

Organisé conjointement par le Sénat et l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, en collaboration avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et l’Université Senghor d’Alexandrie, cet évènement réunit une première cohorte de cinquante (50) participants, parlementaires et fonctionnaires parlementaires, venus de dix pays : Bénin, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, France, Guinée, République Démocratique du Congo (RDC), Sénégal, Tchad et Togo. L’objectif de cette rencontre régionale est d’armer les élus et les cadres administratifs face aux exigences modernes de la rédaction et de l’initiative de la loi, tout en tenant compte des spécificités continentales.

Dans son discours d’ouverture, la présidente du Sénat de Côte d’Ivoire, Kandia Camara, a salué le lancement de ce programme novateur. « Cette session de formation régionale, adaptée aux réalités des administrations parlementaires africaines francophones, vise à favoriser le partage d’expériences et la valorisation des pratiques institutionnelles développées sur le continent. J’ai donc le grand plaisir de souhaiter la bienvenue à la première cohorte de cinquante (50) participants (…) », a-t-elle indiqué.

Elle a également exprimé la gratitude des institutions ivoiriennes envers les partenaires majeurs du projet. « C’est le lieu pour moi, au nom du Parlement ivoirien, de témoigner notre infinie gratitude à Madame Nathalie Roy, Présidente de l’APF, au Professeur Jean-Marc Lavest, Recteur de l’Université Senghor d’Alexandrie, ainsi qu’aux Experts-formateurs, aux Chambres parlementaires et aux participants ici présents qui ont bien voulu adhérer à ce projet innovant en Afrique francophone », a lancé la présidente du Sénat.

Au-delà de l’aspect technique et pédagogique, la présidente du Sénat a tenu à replacer ce partenariat dans un contexte géopolitique plus vaste, soulignant que la coopération interparlementaire demeure un pilier clé de la stabilité mondiale. « À travers cette initiative, nous entendons, à notre humble niveau, contribuer à faire vivre l’esprit du multilatéralisme à travers notre participation active aux organisations et assemblées interparlementaires comme l’APF », a-t-elle notifié.

Rappelant les mutations du monde contemporain, Kandia Camara a insisté sur l’urgence d’une réponse concertée des nations.  « Les équilibres traditionnels évoluent, de nouveaux pôles d’influence émergent et les crises globales, sanitaires, climatiques, économiques ou sécuritaires, rappellent la vulnérabilité collective des nations. Dans ce contexte, le multilatéralisme apparaît comme un instrument essentiel de stabilité. Il constitue le cadre dans lequel les États peuvent dialoguer, prévenir les tensions et construire des réponses concertées aux défis communs », a-t-elle relevé

Et de conclure sur le rôle central qui incombe aux élus : « La reconnaissance que la coopération entre les nations demeure le fondement d’un ordre international stable et durable. En tant que parlementaires et représentants des peuples, il est de notre responsabilité, de comprendre ces transformations, d’y prendre part et de contribuer à la recherche de réponses communes ».

Zéphirin Gohia

Lemandatexpress.net

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