lemandatexpress – Trente-neuf ans après la disparition tragique du « père de la Révolution burkinabè », la mémoire du capitaine Thomas Sankara continue de faire vibrer les cœurs et d’inspirer les figures politiques à l’échelle internationale. C’est dans ce contexte de recueillement et de transmission idéologique que Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, s’est rendu à Ouagadougou le jeudi 15 octobre.
Accompagné des députés Mathilde Panot et Bastien Lachaud, le dirigeant politique français a tenu à se recueillir devant le mémorial dédié au chef d’État assassiné le 15 octobre 1987, affirmant haut et fort la portée universelle de son combat. Dès son arrivée dans la capitale burkinabè, le fondateur de La France insoumise a tenu à inscrire son déplacement sous le signe de l’humilité et de l’écoute mutuelle.
Rompant délibérément avec les postures paternalistes qui ont parfois marqué la diplomatie occidentale, il a immédiatement clarifié la démarche de sa délégation. « Nous sommes venus apprendre et non pas donner des leçons comme trop souvent les Européens y sont enclins. Nous sommes venus apprendre parce que nous connaissons la personnalité hors du commun de Thomas Sankara et de ses principales indications politiques, qui valent pour nous comme valent sans doute pour vous les enseignements de la grande révolution », a-t-il ainsi déclaré devant la stèle commémorative.
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Par ailleurs, ce pèlerinage mémoriel a été l’occasion de dresser un pont symbolique entre les luttes historiques pour la liberté. En rapprochant le soulèvement burkinabè des principes de 1789, le responsable politique a souligné à quel point ces grandes secousses émancipatrices continuent d’interroger les générations contemporaines. En outre, il a dépeint Thomas Sankara comme un véritable pionnier de l’écologie politique, rappelant que les ravages environnementaux actuels sont le produit direct des activités humaines et du modèle économique dominant.
C’est pourquoi il s’est directement adressé à l’auditoire pour exhorter à un changement de paradigme : « Apprenons des Burkinabè la volonté politique d’entrer dans une relation avec la nature qui ne soit pas celle de la pure et simple possession mais celle de la relation en vue de l’harmonie ».
Enfin, le dirigeant de la gauche française a profité de cette tribune à Ouagadougou pour redéfinir les contours des relations franco-africaines. En évoquant notamment la langue française, il a plaidé pour qu’elle devienne un vecteur de partage et d’émancipation partagée plutôt qu’un outil de domination culturelle. Ainsi, ce voyage en terre sankariste s’impose non seulement comme une marque de respect envers la figure mythique de la révolution panafricaine, mais également comme une invitation à refonder sur des bases égalitaires le dialogue entre les peuples africains et européens.
Zéphirin Gohia
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