Lemandatexpress-Depuis le lundi 12 octobre 2026, il a été constaté dans la presse des informations selon les quelles le village d’Akrou, dans le département de Jacqueville, serait engagé dans un processus de reconcilialiation sous la houlette de Narcisse N’guessan, nouveau chef élu par les chefs des cinq grandes familles sur sept grandes Familles que compose le village d’Akrou.
Cette information a été dementie par des grandes familles du village, dans une déclaration rendue publique le vendredi 16 octobre 2026 par le porte-parole des contestataires, Léandre Yesso Degny. Il a rejeté l’initiative, estimant qu’elle ne saurait aboutir sans une remise en cause de la désignation de Narcisse N’Guessan comme chef du village.
« Nous voulons rassurer les uns et les autres qu’il n’en est rien. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette mascarade appelée réconciliation, qui n’a pour seul but que de tromper la religion et la vigilance de l’administration », a-t-il déclaré, qualifiant la communication autour de cette initiative de « flatteuse et mensongère ».
Pour Léandre Yesso Degny, évoquer une réconciliation revient à reconnaître l’existence d’un conflit au sein de la communauté. Or, selon lui, la crise actuelle découle du processus de désignation de Narcisse N’Guessan, qu’il juge contraire aux us et coutumes d’Akrou. Il estime que la responsabilité de cette situation incombe aux personnes ayant conduit cette désignation ainsi qu’à l’intéressé lui-même.
Tout en rejetant la présentation de Narcisse N’Guessan comme un acteur du rapprochement communautaire, les contestataires se disent disposés à participer à une éventuelle initiative de réconciliation, à condition que la décision contestée soit remise en cause. « Nous sommes ouverts à une éventuelle réconciliation, mais pas à n’importe quel prix », a précisé leur porte-parole.
Les contestataires affirment que le chef de la famille régnante a déjà désigné Gervais Akadjé Tekry comme chef du village. Ils soutiennent que ce dernier bénéficie du soutien d’une large majorité de la population et revendiquent pour lui la reconnaissance coutumière. À leurs yeux, la désignation d’un chef traditionnel doit obéir aux règles propres à la communauté et ne saurait être assimilée à une élection.
Ils remettent également en cause la légitimité du mécanisme ayant conduit au choix de Narcisse N’Guessan par cinq grandes familles sur sept. Selon leur analyse, cette procédure contribue à marginaliser la famille régnante et ne respecte pas les pratiques traditionnelles qui, selon eux, doivent encadrer la succession à la tête du village.
À l’appui de leur argumentation, ils ont évoqué les cas de Justin Yacé et de Yacé Nangban Ignace, présentés comme d’anciens chefs d’Akrou. Selon Léandre Yesso Degny, leur désignation avait été effectuée par Philippe Grégoire Yacé, ancien président de l’Assemblée nationale et fils du village, issu de la lignée patrilinéaire de la famille Tchava. Il soutient que ce dernier se référait à cette famille avant toute décision relative au choix du chef, bien qu’il ne fût lui-même ni chef de terre ni chef d’une grande famille.
En s’appuyant sur ces précédents, les contestataires entendent réaffirmer la prééminence des règles coutumières dans le règlement de la crise. Ils maintiennent leur opposition au processus de réconciliation annoncé et font de la révocation de l’arrêté préfectoral une exigence centrale pour parvenir, selon eux, à une issue conforme aux traditions d’Akrou.
La déclaration a réuni des représentants le chef de la famille régnante et des membres des familles Tchava, Ahiva Gbatta et Leidjôkô, ainsi que leurs chefs et le président des jeunes, avec des membres de son bureau.
Kouassi N’Goran



