Côte d’Ivoire : Un bloc stratégique ou l’humiliation pour l’opposition, pas de TVA mais… « King » Harry Kane sur le trône

Dans la perspective de l’échéance électorale de 2030, l’opposition ivoirienne est loin d’accorder ses violons. Pourtant, aucune victoire ne semble possible sans la constitution d’un bloc stratégique. Sur la question de la souveraineté en matière de poisson, de viande et de lait, le ministre Sidi Touré avance des pistes. En attendant, la grogne persiste face à la cherté de la vie. Au plan de la coopération, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo renforcent leur partenariat sécuritaire. Le football occupe également l’actualité, avec notamment le sacre d’Harry Kane au Ballon d’Or 2026. (La Matinale expresse)

Chantre de l’alternance démocratique, l’opposition ivoirienne mesure-t-elle l’ampleur de la tâche qui l’attend ? Face à un régime solidement implanté, il faudra bien plus que des slogans et autres pamphlets pour parvenir à ses fins. C’est l’alerte que lance Contre-poids à cette classe politique, qui peine à parler d’une seule et même voix.

Pour le confrère, qui se distingue par des titres à la fois laconiques et directs, « un chef de l’opposition s’impose ». Il juge suicidaire, voire inopérante, toute démarche non coordonnée dans la conquête du pouvoir d’État. « Sans un chef de file clairement défini, porté et soutenu par l’ensemble des forces de l’opposition, l’échéance de 2030 risque de se transformer en une humiliation électorale au profit du RHDP », prévient Contre-poids. Le journal déplore ainsi « une constellation d’ambitions parallèles » plutôt qu’« un bloc stratégique ».

Cette réalité s’observe également au Front populaire ivoirien (FPI). La fracture entre le président Pascal Affi N’Guessan et Issiaka Sangaré s’accentue. « Divorce FPI-démocratie et valeurs consommé », titre Le Jour Plus, qui précise que l’ancien secrétaire général du parti annonce la création d’une nouvelle formation politique.

Trois options

Dans cette atmosphère d’incertitude, L’Inter estime que trois options s’offrent à Gbagbo et Thiam. Les deux leaders du PPA-CI et du PDCI-RDA restent confrontés à des obstacles judiciaires susceptibles de compromettre leur participation à la présidentielle, à moins d’un revirement de situation.

Tidjane Thiam est notamment pris dans l’engrenage judiciaire. Son élection à la tête du PDCI-RDA est contestée devant les tribunaux. Selon Le Bélier, le parti oppose à ces contestations le principe de souveraineté du Congrès.

Sur le terrain des procédures judiciaires, Notre Voie s’interroge sur les motivations des convocations successives d’opposants. Le quotidien se demande si celles-ci ne consistent à noyer  l’affaire de Koumassi-Campement. De son côté, Dernière Heure Monde relativise ce que l’opposition qualifie de judiciarisation du débat politique. « Ezaley, M’Bia, Aziz Thiam… tous sous contrôle et puis après ? », interroge le journal proche du PDCI-RDA.

Parallèlement à ce bouillonnement du marigot politique, l’exécutif reste mobilisé sur ses dossiers prioritaires. Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense a ainsi reçu son homologue de la République démocratique du Congo, rapporte Le Mandat. Téné Birahima Ouattara et Guy Kabombo Muadiamvita entendent consolider leur partenariat sécuritaire. Cette rencontre à Abidjan a permis d’affiner une stratégie commune, comme l’indique L’Essor.

La souveraineté en chantier, le panier toujours sous pression

La souveraineté alimentaire reste au cœur des préoccupations du gouvernement. Dans les colonnes de L’Expression, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, met en avant les avancées enregistrées dans le développement des filières animales. Parmi les mesures annoncées figure la suppression de la TVA sur les aliments pour animaux à partir de 2027. Une perspective destinée à alléger les charges des acteurs de la filière et à soutenir la production locale.

Mais entre les annonces gouvernementales et le quotidien des ménages, le fossé demeure. « Le panier des Ivoiriens attend toujours », constate La Voie, alors que les prix du poisson continuent de susciter des inquiétudes. Pour rapprocher les positions des différents acteurs, un comité de concertation a été installé. Reste à savoir si cette initiative permettra d’infléchir la tendance sur les marchés.

La question de l’approvisionnement en poisson a également donné lieu à des explications du ministre Sidi Touré. Selon Le Nouveau Réveil, il renvoie au secteur privé la responsabilité d’investir dans l’acquisition de bateaux de pêche. Une réponse qui conduit le confrère à conclure que « Sidi Touré botte en touche ».

Dans un autre registre, le gouvernement poursuit ses actions en faveur de l’insertion des jeunes. « Personne ne doit rester au bord du chemin », assure le ministre Mamadou Touré, cité par Le Mandat. Deux cents jeunes ont reçu leurs attestations de fin de formation dans le cadre du service civique. Cette initiative vise à renforcer leur employabilité et à faciliter leur insertion dans la vie active.

Sur le front des transactions quotidiennes, la Banque mondiale met en garde contre le refus de la pièce de 500 FCFA. De lourdes sanctions seraient prévues à l’encontre des contrevenants. Un rappel à l’ordre qui vise à préserver l’acceptation de cette pièce dans les échanges commerciaux et à éviter les perturbations dans les paiements courants.

Harry Kane au sommet, le football ivoirien dans le doute

Sur la scène internationale, Harry Kane est sous les projecteurs. L’attaquant anglais, sacré Ballon d’Or 2026, s’installe au sommet du football mondial. Un sacre qui surprend Super Sport, dont le titre suggère que Kane « est sorti dans le dos », autrement dit qu’il a déjoué les pronostics.

En Côte d’Ivoire, en revanche, l’heure est à la remise en question. L’élimination des clubs ivoiriens aux portes de la phase de groupes des compétitions interclubs de la Confédération africaine de football (CAF) continue de faire des vagues. Notre Voie évoque un naufrage collectif et pointe la responsabilité des dirigeants. Aucun des représentants ivoiriens engagés n’ayant réussi à franchir ce cap, cet échec relance le débat sur la gestion des équipes, leur préparation et les moyens mobilisés pour rivaliser avec les meilleures formations du continent.

Pour Julien Chevalier, l’entraîneur de l’ASEC Mimosas, cité par Super Sport, « la marche était trop haute ». Une formule qui résume les difficultés rencontrées par les clubs ivoiriens face à leurs adversaires africains. Au-delà des résultats, cette sortie prématurée pose la question de la compétitivité du football local et de la capacité des dirigeants à tirer les leçons de cette campagne. Car si Harry Kane célèbre son règne individuel, les clubs ivoiriens, eux, sont appelés à revoir leur copie.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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