Hévéaculture : Bruno Koné salue un demi-siècle de succès et fixe les nouveaux chantiers de l’APROMAC

lemandatexpress – Capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan abrite du 5 au 6 novembre 2026 la deuxième édition des Journées du Caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (JCNCI), couplée au cinquantenaire de l’Association des Professionnels du Caoutchouc Naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC).

Placée sous le thème « L’APROMAC, 50 ans de succès au service d’une industrie prospère du caoutchouc naturel », cette célébration s’est tenue en présence de délégations de haut niveau venues d’Afrique, notamment du Nigéria, du Ghana et du Libéria, ainsi que d’Asie, avec des représentants de la Malaisie et de la Thaïlande.

À l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle de ce rendez-vous ce vendredi à l’hôtel Ivoire, le ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Bruno Nabagné Koné, a dressé un bilan triomphal de la filière tout en traçant les contours stratégiques des cinquante prochaines années. Revenant sur le parcours de l’organisation, le ministre a rappelé que « depuis 1975, l’APROMAC a accompagné chaque grande étape de l’hévéaculture ivoirienne », qu’il s’agisse des plantations industrielles ou de l’essor de la culture villageoise.

Selon le premier responsable du département, cette dynamique vertueuse a hissé le pays au sommet de la filière au plan mondial comme africain. « Premier producteur africain de caoutchouc naturel depuis 1990, la Côte d’Ivoire assure plus de 85 % de la production du continent. En 2025, elle est passée de la troisième à la deuxième place mondiale. », s’est-il réjoui, Et d’ajouter : « Nos exportations ont atteint près de deux millions de tonnes, pour près de 1 900 milliards de FCFA, dont plus de 700 milliards reviennent aux petits producteurs. Le caoutchouc est devenu notre premier produit agricole d’exportation en volume, devant le cacao, et le deuxième en valeur ».

Cette prospérité fait vivre plus d’un million et demi de citoyens à travers un verger d’un million d’hectares et une cinquantaine d’usines. Pour autant, face à un marché mondial qui connaîtra en 2026 un déficit d’environ 400 000 tonnes, le membre du gouvernement a invité les acteurs à ne pas perdre de vue les réalités du secteur. Insistant sur la volatilité des cours et sur l’entrée en application du règlement européen « zéro déforestation », il a précisé que « la traçabilité de nos produits sera déterminante pour préserver notre accès au marché européen ».

Pour consolider ces acquis, l’État structure son action autour de quatre grands chantiers. Il s’agit d’abord de « transformer davantage chez nous » pour retenir la valeur ajoutée, puis de replacer résolument le producteur au cœur de la filière en insistant sur le fait que « l’exactitude des pesées et la juste rémunération du travail ne sont pas négociables ». Le troisième défi consiste à préparer le verger de demain par la recherche et la formation, saluant au passage le projet d’Académie des Métiers de l’Hévéa à Taabo, tandis que le quatrième vise à faire de la durabilité un avantage compétitif.

Au terme de son intervention, le ministre de l’Agriculture a lancé un appel pressant aux investisseurs nationaux et internationaux, « La Côte d’Ivoire dispose d’une matière première abondante et de qualité reconnue, de ports performants à Abidjan et à San-Pédro, et d’un cadre macroéconomique stable. Venez construire avec les acteurs ivoiriens des projets viables : le Gouvernement sera votre partenaire », a-t-il exhorté les institutions financières. 

‎Car, pour lui, le véritable défi des décennies à venir réside dans la capacité à « produire mieux, de transformer sur place et de partager plus équitablement la valeur créée ».

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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