
Jean-Louis Billon : « Une CEI véritablement indépendante ne doit pas comporter de partis politiques »
Lemandatexpress – Sur l’épineux débat concernant la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), Jean-Louis Billon a une position qu’il défend fermement. Aussi, tout en appelant à la candidature de Gbagbo et Blé Goudé, il est, en revanche, plus mesuré dans ses critiques sur la liste électorale.
Jean-Louis Billon, candidat déclaré à la présidentielle de 2025, a sa perception d’une Commission électorale indépendante (CEI). Il l’a exprimée ce mercredi 16 avril, sur le plateau du Life Talk. Au moment où le débat sur l’indépendance et la transparence de cette institution fait rage, avec en prime le retrait, la semaine dernière, des représentants du PDCI-RDA et du PPA-CI, M. Billon milite pour une approche qui tranche avec les pratiques courantes.
« Une CEI véritablement indépendante ne doit pas comporter de partis politiques », a déclaré ce cadre du PDCI-RDA. M. Billon va plus loin en proposant, à l’avenir, une audition préalable au choix du président de la CEI, tout comme pour un certain nombre d’autres institutions étatiques.
Propos politiques…
S’agissant des irrégularités soulevées dans le cadre du présent processus de révision de la liste électorale, Billon relativise : « Il y a certaines irrégularités. Je ne dirai pas qu’il y en a six millions. Autrement, on n’aurait pas de liste électorale. Ce sont des propos politiques fortement exagérés », a-t-il observé en référence aux critiques formulées par les partis d’opposition, notamment le PPA-CI et le FPI.
Une opposition qu’il rejoint, par contre, dans l’appel à des élections inclusives avec la participation de leaders jusque-là frappés de forclusion. « Je souhaite que Gbagbo soit sur la liste électorale. Je souhaite que Blé Goudé soit sur la liste. Ils ont été envoyés à La Haye, ils ont été acquittés (…) Nous avons signé un traité international (…) », souligne l’ancien ministre, qui appelle, au nom de la cohésion sociale, à tourner la page à travers une loi d’amnistie.
En somme, Jean-Louis Billon plaide pour une véritable compétition démocratique en octobre prochain. C’est pourquoi, répondant à ceux qui le présentent, dans sa démarche, comme un KKB bis (c’est-à-dire quelqu’un qui ferait le jeu du parti au pouvoir), il précise : « Je ne suis pas pour un boycott. Si on veut que le RHDP parte, il faut qu’on aille aux élections. Si on boycotte, ils resteront. »
S’il y a cinq candidats…
Pour Billon, la seule façon de démontrer le mécontentement de la population vis-à-vis du régime actuel, c’est d’y aller : « S’il y a cinq candidats et que le RHDP arrive en dernière position au premier tour, ce sera une preuve de leur échec. »
C’est pourquoi Billon dit être concentré sur son ambition : celle d’aller à la conquête du pouvoir d’État. Et ce, tout en décriant la gouvernance au sein de son parti, le PDCI-RDA, qui a tenu sa convention éclatée ce mercredi 16 avril, avec un seul candidat : le président Tidjane Thiam.
Martial Galé







