
Radiation de Thiam de la liste électorale: « C’est facile de voir partout la main de l’État », réagit le porte-parole du gouvernement
Lemandatexpress – La radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, ordonnée ce mardi par la justice ivoirienne, a suscité des réactions jusque dans les couloirs du Conseil des ministres. Interpellé sur le sujet, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a tenu à clarifier la position de l’exécutif, écartant toute implication de l’État dans cette décision judiciaire.
Pour rappel, la justice a acté la radiation de M. Thiam au motif qu’il possédait la double nationalité au moment de son inscription sur la liste électorale en 2022. Une décision qui alimente les soupçons d’une manœuvre politique, notamment chez certains opposants. Une lecture des faits que rejette fermement le ministre de la Communication.
« Il faut savoir que deux instances gèrent les questions électorales en Côte d’Ivoire », a-t-il expliqué. « D’un côté, la Commission électorale indépendante (CEI) peut retirer ou ajouter un électeur sur la liste, sur injonction du ministère de la Justice. De l’autre, le Conseil constitutionnel se prononce sur la validité des candidatures. En la matière, je ne vois pas où le gouvernement intervient, surtout que les décisions au sein de la CEI sont prises de manière collégiale. »
Et de poursuivre : « C’est facile de voir partout la main de l’État, mais ce n’est pas comme cela que fonctionnent les institutions dans un État de droit. »
Selon M. Coulibaly, cette affaire illustre plutôt la consolidation d’un État de droit voulu par le président de la République. « Il veut faire de la Côte d’Ivoire un pays respectueux de sa Constitution et des décisions de justice. C’est cela qui est en train d’être construit », a-t-il affirmé.
Pour appuyer son propos, le ministre a fait un parallèle avec la France, où Marine Le Pen est, selon lui, confrontée à une inéligibilité décidée par la justice. « C’est une figure majeure de la politique française, dont le parti a obtenu un score important aux dernières législatives. Pourtant, elle a été déclarée inéligible. S’il y avait des élections demain, elle ne pourrait pas être candidate. Mais je ne crois pas que les citoyens français aient vu la main de l’État dans cette décision. »
Mettant en garde contre une lecture biaisée de la démocratie, le porte-parole a souligné qu’il ne saurait y avoir « une démocratie bonne pour les pays développés et une autre à géométrie variable pour les pays africains ».
En somme, si nous voulons un véritable État de droit, il faut accepter que les institutions fonctionnent de manière autonome et que les décisions de justice soient respectées, selon Amadou Coulibaly.
Martial Galé







