
Préservation de la biodiversité: La Côte d’Ivoire actualise sa stratégie nationale
Lemandatexpress – Dans un contexte mondial marqué par les dérèglements climatiques et la dégradation accélérée des écosystèmes, la Côte d’Ivoire poursuit son engagement en faveur d’un développement respectueux de la nature.
C’est dans cette dynamique que le ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique a lancé, ce lundi, un atelier de consultation dédié aux collectivités territoriales et aux communautés locales, dans le cadre de l’actualisation de la Stratégie et du Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB).
Lors de l’ouverture de la rencontre, M. Adolphe Saraka, conseiller technique représentant le ministre Assahoré Konan Jacques , a rappelé l’urgence de la situation écologique mondiale : « Notre planète Terre est le théâtre de l’impact croissant de catastrophes résultant de la combinaison d’aléas naturels ou technologiques et de facteurs de vulnérabilité écologique extrêmes. »
Déjà engagée dans la Convention sur la Diversité Biologique, la Côte d’Ivoire a franchi plusieurs étapes dans le processus d’actualisation de sa stratégie nationale. Un premier draft de la nouvelle SPANB a été élaboré à partir d’un travail de diagnostic approfondi, mené par des consultants. Ce document a ensuite été enrichi lors de deux vagues de validation : en octobre 2024, puis en février et avril 2025. L’objectif de l’atelier actuel est clair : intégrer les préoccupations et les connaissances locales. Car ce sont les territoires et leurs habitants qui sont les premiers gardiens de la biodiversité, dans leur quotidien.
Le Conseiller technique a ainsi invité les participants à s’investir pleinement dans le processus : « Je vous exhorte à formuler des recommandations concrètes, à identifier les structures responsables de la mise en œuvre des actions, et à contribuer à la définition de fiches-projets pertinentes et réalisables. »
Depuis la COP15 de décembre 2022, les Parties à la Convention sur la Diversité Biologique se sont engagées à appliquer le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming – Montréal, visant à enrayer et inverser la perte de biodiversité, en ligne avec la Vision 2050 : “vivre en harmonie avec la nature”. En Côte d’Ivoire, la question est cruciale : plus de 62 % de la population rurale dépend directement des services rendus par la nature, tandis que dans les zones urbaines, les ressources biologiques participent à la satisfaction des besoins en énergie, médicaments et revenus.
À l’échelle mondiale, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les poissons représentent 20 % de l’apport protéique pour environ trois milliards de personnes, 80 % de l’alimentation humaine dépend de plantes, et dans les pays en développement, près de 80 % des habitants en milieu rural ont recours à la médecine traditionnelle à base de plantes. Un constat partagé par M. Sohou André, représentant de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), qui a salué l’approche du ministère : « Face à de tels défis, nous félicitons le ministère en charge de l’Environnement pour l’adoption de cette démarche qui est inclusive, ancrée dans les réalités locales, et tournée vers un développement durable et équitable. »
L’enjeu est donc de taille : adapter les politiques nationales aux réalités locales pour garantir une biodiversité préservée, source de résilience, de bien-être et de progrès équitable pour les générations futures.
Martial Galé, avec Sercom MINEDDTE







