
PDCI-RDA : Congrès électif éclaté ou ces manœuvres politiques qui donnent raison à Valérie Yapo sur le cas Thiam
Lemandatexpress- En pleine tourmente, le PDCI-RDA organise ce mercredi 14 mai un congrès électif éclaté, avec pour seul candidat en lice : Tidjane Thiam. Si l’objectif de cette démarche semble clair, elle s’apparente surtout à une tentative de régularisation in extremis, donnant ainsi un écho particulier aux accusations portées par Valérie Yapo.
Tout s’est enchaîné à un rythme effréné : la démission surprise de Tidjane Thiam, la convocation d’un Bureau politique, suivi dans la foulée de l’annonce d’un congrès électif express et d’un appel à candidatures. Derrière cette précipitation se cache une stratégie : réélire Tidjane Thiam dans les règles, pour se conformer aux textes internes du PDCI-RDA et aux dispositions légales en vigueur.
Seul candidat en lice – la candidature de Diakité Bouakayi Sidiki ayant été rejetée par le comité électoral au regard des critères d’éligibilité – le président sortant du PDCI-RDA est en roue libre pour se succéder.
Pourtant, au-delà de cette victoire annoncée, c’est le message politique de cette opération qui retient l’attention. Le PDCI-RDA, en organisant cette élection anticipée, admet implicitement que l’arrivée de Tidjane Thiam à la tête du parti en décembre dernier s’était faite en dehors des règles. En particulier, en violation de l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, qui stipule : « Perd la nationalité ivoirienne, tout Ivoirien majeur qui acquiert volontairement la nationalité d’un autre pays. »
En ce sens, la démarche du vieux parti renforce la position de Valérie Yapo, engagée dans une bataille judiciaire pour contester la légitimité de l’ancien patron du Crédit Suisse à diriger le PDCI-RDA. Le verdict de cette affaire est attendu ce mercredi 15 mai, au lendemain même de ce congrès électif.
Lors de l’audience du 8 mai dernier, le parquet a formulé trois conclusions majeures :
- La radiation de Valérie Yapo, prononcée par le conseil de discipline du PDCI-RDA, est juridiquement caduque.
- Tidjane Thiam, en tant que ressortissant français, ne peut légalement exercer la fonction de président du PDCI.
- Le PDCI-RDA est tenu de procéder à l’élection d’un nouveau président.
En organisant ce scrutin anticipé, le PDCI-RDA semble vouloir devancer la justice. Mais en reconduisant le président démissionnaire à la tête du parti, il choisit de faire du neuf avec du vieux.
Reste à savoir si cette manœuvre suffira à contourner la rigueur de la loi, ou si Tidjane Thiam devra, à nouveau, quitter le navire.
Aziz Krah







