
Alassane Ouattara aux Assemblées de la BAD : « L’Afrique a un potentiel remarquable qu’il est urgent de libérer »
Lemandatexpress-À l’ouverture officielle des 60e Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à Abidjan, ce mardi 27 mai, le président de la République de Côte d’Ivoire, SEM Alassane Ouattara, a livré une analyse sans détour des défis auxquels fait face le continent. Il appelle à mieux valoriser les richesses africaines pour transformer durablement les économies.
Lors de son discours Alassane Ouattara a dressé le constat d’un monde en mutation rapide, auquel l’Afrique est confrontée. Un monde où crises climatiques, tensions commerciales et instabilité financière se conjuguent pour fragiliser les pays les plus vulnérables.
« Les fondements du multilatéralisme sont aujourd’hui fortement remis en question », a averti le chef de l’État ivoirien, pointant un contexte mondial qui affecte particulièrement les pays en développement. En Afrique, les conséquences se font sentir : inflation, risques de surendettement, déséquilibres économiques, et aggravation de la pauvreté.
Valoriser le capital humain
Même si les perspectives de croissance pour l’Afrique sont légèrement en hausse — avec une estimation à 4 % en 2026 selon le FMI —, elles restent insuffisantes au regard de la croissance démographique rapide du continent. « Ce paradoxe contribue à freiner notre transformation socio-économique », a regretté le président Ouattara face à un auditoire rehaussé par la présence des présidents du Ghana (John Dramani Mahama) et de l’Union des Comores (Azali Assoumani).
Face à ces défis, le thème des Assemblées — « Tirer la meilleure partie du capital de l’Afrique » — prend tout son sens. Le président de la République appelle à investir davantage dans les secteurs sociaux, à valoriser le capital humain, naturel et financier, et à encourager l’innovation. Il a notamment souligné l’intérêt grandissant de la jeunesse africaine pour la technologie, un secteur clé pour accélérer la modernisation des économies.
L’exemple ivoirien et l’engagement de la BAD
Le chef de l’État n’a pas manqué de mettre en avant les efforts entrepris en Côte d’Ivoire, comme la journée nationale de plantation d’arbres instaurée depuis dix ans. « Notre forêt avait été détruite à plus de 80 % depuis l’indépendance. Nous devons restaurer notre patrimoine naturel », a-t-il déclaré tout en félicitant le Premier ministre Beugré pour la conduite de l’action gouvernementale.
Il a aussi salué l’action de la Banque africaine de développement. « Depuis 1964, la BAD a profondément transformé le paysage économique et social de l’Afrique. » De plus, Alassane Ouattara a rendu un hommage appuyé à son président, Akinwumi Adesina, pour sa vision et son leadership.
Construire une Afrique résiliente
En définitive, le président Alassane Ouattara a lancé un appel à une gouvernance renforcée, à une gestion rigoureuse des ressources et à une coopération accrue avec les institutions de développement. « L’Afrique a un potentiel remarquable qu’il est urgent de libérer. »
Les Assemblées annuelles de la BAD, qui se tiennent du 26 au 30 mai 2025 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, rassemblent plus de 6 000 participants, dont des chefs d’État et de gouvernement, des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des représentants du secteur privé, de la société civile, des universitaires et des groupes de réflexion.
Le jeudi 29 mai au soir, aura lieu l’élection du nouveau président de la BAD. Celui-ci sera choisi parmi les cinq candidats en lice : le Sénégalais Amadou Hott, la Sud-Africaine Swazi Bajabulile Tshabalala, le Mauritanien Sidi Ould Tah, le Zambien Samuel Munzele Maimbo et le Tchadien Mahamat Abbas Tolli.
M.Galé







