
Don Melo veut tourner la page Gbagbo, la CEDEAO au secours, la majorité silencieuse se signale…
Lemandatexpress – Alors que l’option d’un plan B est totalement exclue au PPA-CI pour la présidentielle de 2025, Don Melo se pose en alternative à la toute-puissance de Laurent Gbagbo. Dans ce contexte préélectoral agité, la CEDEAO a pris langue avec la CEI. Et cela sent plutôt bon. Pendant ce temps, le malaise grandit au PDCI-RDA. Mais pas seulement. L’opposition, dans son ensemble, est gagnée par la suspicion. Cela ne l’empêche pas de critiquer le régime RHDP, alors que le parrainage citoyen entre dans sa phase décisive… (La Matinale Expresse)
À l’approche de la présidentielle de 2025, l’heure est venue pour les différents états-majors, notamment ceux de l’opposition, de se déterminer, au risque de se bercer d’illusions. À ce titre, les lignes semblent bouger au sein du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), où Don Melo veut bousculer les codes.
Le Monsieur BRICS de l’Afrique se verrait bien suppléer un Laurent Gbagbo frappé d’inéligibilité, mais qui maintient une ligne de contestation jusqu’au-boutiste. Selon Aujourd’hui, les ambitions présidentielles de l’ancien DG du BNETD sont clairement affichées.
« Alors que Laurent Gbagbo ne veut pas le voir comme l’un de ses successeurs, Ahoua Don Melo prépare avec discrétion son projet présidentiel », écrit le journal. Liberté observe également cette tractation au sein du parti socialiste. Et de s’interroger, en connaissance de cause : « Après un tête-à-tête avec Gbagbo dimanche : Don Melo candidat ? »
En parallèle de ce débat, qui se mène loin des projecteurs, la jeunesse du PPA-CI de Paris a réaffirmé son soutien à Laurent Gbagbo, en collectant des fonds pour sa campagne présidentielle, rapporte La Voie Originale.
Une élection présidentielle qui occupe le haut du pavé dans l’actualité politique nationale. Au point où Le Mandat constate : « Abidjan, au cœur d’un ballet diplomatique ». Après l’ONU et l’UA, c’est au tour de la CEDEAO de dépêcher une mission dans le pays d’Alassane Ouattara pour prendre le pouls de la situation.
« Une délégation de la CEDEAO s’informe à la CEI », souligne L’Expression sur un ton optimiste. Le média cite en effet le professeur Théodore (chef de délégation), qui assure que « tout se passera bien ».
Cette assurance contraste avec la météo politique qui prévaut au PDCI-RDA. Entre les irréductibles de Tidjane Thiam et le reste des militants, il y a visiblement de l’eau dans le gaz. Le Matin constate en effet le ras-le-bol de Djédjé Mady, Guikahué et bien d’autres « face aux partisans du “Thiam ou rien” ». Il rapporte, en substance, les propos de Dosso Aboubakari (membre du BP0), qui affirme que « le PDCI-RDA va très mal », avant d’annoncer une sortie très prochaine de « la majorité silencieuse ».
La situation du parti doyen n’est pas isolée dans le camp de l’opposition, où la tâche se complique, de l’avis de L’Expression. L’Avenir croit même savoir que plus rien ne va entre Simone Éhivet et Tidjane Thiam, deux figures marquantes de la CAP-Côte d’Ivoire. L’union PPA-CI – PDCI-RDA dans le « front commun » est certainement indissociable de ce malaise supposé. De son côté, Blé Goudé prend une claque de Générations Nouvelles, qui le présente comme « un opposant ni froid, ni chaud », sur la base de ses « attaques répétées contre les leaders de l’opposition ».
Pendant ce temps, le parrainage citoyen entre dans sa phase décisive. La CEI a livré tous les quotas par régions et districts. Apparemment, certaines figures de l’opposition sont prêtes à embrasser cette étape importante du processus électoral. Selon Le Nouveau Réveil, c’est OK pour « Thiam, Gbagbo, Soro et Blé ». Malgré tout, les critiques continuent de se concentrer contre le RHDP. Le Canard Déchaîné accuse le parti houphouëtiste de s’appuyer sur un découpage électoral truqué. Générations Nouvelles soutient pour sa part que « le RHDP s’oppose à toute décrispation avant le scrutin ». Comme quoi, le pouvoir a le dos vraiment large.
Martial Galé







