
Gare routière de Tiassalé : des boutiques détruites pour un projet porté par le groupe Sococé
Le déguerpissement des commerçants de la gare routière de Tiassalé, survenu en septembre 2024, continue de faire débat. Loin d’être un simple projet d’urbanisation, l’affaire prend désormais une tournure politique et sociale, alimentée par les révélations autour de l’attribution du site.
Ce sont les images relayées par le journaliste d’investigation Said Penda qui ont relancé la polémique. Ce dernier accuse la mairie de Tiassalé, dirigée par Assalé Tiémoko, d’avoir démoli des magasins sans prévoir ni compensation financière ni solution de relogement. En guise de réponse, la mairie a publié un communiqué sur sa page Facebook, dans lequel une information-clé est enfin dévoilée.

« (…) Le site qui abritait ces vieux magasins appartient à la mairie qui l’a cédé par contrat de bail emphytéotique au groupe Sococé pour y bâtir un supermarché », peut-on lire dans le texte rapporté par Lemeridien.ci.
Ce terrain, situé face au commissariat de police, a vu plusieurs de ses occupants – commerçants établis depuis parfois plusieurs décennies – perdre leurs magasins le 9 septembre 2024, suite à une opération de démolition conduite par les services municipaux. La mairie invoque des « travaux d’embellissement » de la voie nationale vers Divo et précise que le projet consiste en « la construction d’un centre commercial en remplacement des vieilles bâtisses dont la présence sur les lieux, serait un contraste paysager ».

Initialement porté par Khalil Hesné, président de la fondation Afrique Soleil, le projet avait été mis en pause à cause de l’opposition d’anciens occupants, qui y voyaient une tentative d’expropriation déguisée. Son retrait avait laissé planer le doute sur la suite. Aujourd’hui, la mairie révèle que c’est le groupe Sococé qui a pris la relève, obtenant le contrat de bail emphytéotique.
Mais pour les commerçants déguerpis, cette version ne passe pas. Ils estiment avoir été sacrifiés au profit d’intérêts privés. « Pourquoi chasser des commerçants installés depuis les années 1965 au profit d’une multinationale ? Si tel est que les bâtiments étaient si vieux, pourquoi la mairie n’a-t-elle pas construit de nouveaux bâtiments pour les remettre en location ? Le Maire Assalé aime-t-il réellement les populations de Tiassalé ? », fulmine l’un des ex-propriétaires lésés.
HG







