
FIF : Idriss Diallo – Malick Tohé, le calme avant la bataille ?
Lemandatexpress – À la Fédération ivoirienne de football (FIF), le calme semble régner à quelques mois de l’Assemblée générale élective. Mais derrière cette sérénité de façade, une confrontation se dessine entre deux figures majeures de l’actuel Comité exécutif : le président sortant, Yacine Idriss Diallo, et son premier vice-président, Malick Tohé.
Lors de la 64e Assemblée générale ordinaire de la FIF, tenue le samedi 30 mai au siège de l’institution à Treichville, une annonce a particulièrement retenu l’attention du monde sportif : la prochaine Assemblée générale élective se tiendra le 12 septembre. Les membres actifs de la fédération seront alors appelés à renouveler les instances dirigeantes du football ivoirien, quelques semaines après la fin de la Coupe du monde prévue du 11 juin au 19 juillet.
Sans surprise, Yacine Idriss Diallo sera candidat à sa propre succession. Mais dans les coulisses du football ivoirien, les spéculations vont bon train autour d’une éventuelle candidature de Malick Tohé, dont le nom revient avec insistance parmi les potentiels challengers du président sortant.
À ce jour, seul Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan, a officiellement affiché ses ambitions, le 12 février dernier à Cocody. Toutefois, de nombreux observateurs estiment que le véritable duel pourrait opposer Idriss Diallo à son actuel bras droit.
Aucune rivalité apparente
Pour l’heure, rien ne laisse transparaître une quelconque rivalité. Les deux dirigeants continuent d’afficher une parfaite entente. Ils ont notamment conduit ensemble les discussions ayant abouti à la reconduction du partenariat entre la FIF et l’équipementier PUMA, lié aux Éléphants depuis 2005. Ils apparaissent également côte à côte lors des nombreuses cérémonies de signature de partenariats organisées dans la perspective de la Coupe du monde.
Mais cette harmonie pourrait n’être qu’apparente. « Ils jouent le jeu. Sinon, ils vont s’affronter pour la présidence de la FIF », confie un observateur averti du football ivoirien. Selon lui, la participation de la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde impose une forme de trêve politique au sein de la fédération. Une raison qui expliquerait également le choix de reporter l’élection à septembre afin de préserver la concentration autour de la sélection nationale.
Idriss Diallo déjà en campagne
Profitant de l’Assemblée générale ordinaire, Yacine Idriss Diallo a clairement affiché son intention de briguer un nouveau mandat. Dans son discours, le président sortant a dressé le bilan de son équipe tout en esquissant les contours de son futur projet.
« Notre Comité exécutif a réalisé ses engagements. Nous reconnaissons qu’aucune œuvre n’est parfaite. Un homme se reconnaît par le respect de sa parole. Le Comité exécutif et moi avons respecté notre parole. Nous avons passé quatre ans à restructurer. Nous entendons, lors du prochain mandat, passer à la transformation du football ivoirien », a-t-il déclaré.
Une sortie qui a tout d’un lancement de campagne. Face aux critiques récurrentes sur l’état du football local, Idriss Diallo met en avant les résultats de son mandat. Il revendique notamment 24 milliards de FCFA investis dans le football ivoirien, dont 16,64 milliards de FCFA de subventions aux clubs, 5,22 milliards consacrés à l’organisation des compétitions et 2,34 milliards affectés aux charges diverses.
L’atout gestion de Malick Tohé
De son côté, Malick Tohé reste discret sur ses intentions. Aucun projet de gouvernance n’a encore été dévoilé. Mais le président du Club Omnisports de Korhogo peut s’appuyer sur un bilan sportif qui parle en sa faveur.
En l’espace de deux saisons, il a profondément transformé le CO Korhogo. Longtemps habitué aux seconds rôles, le club nordiste s’est hissé parmi les prétendants aux premières places. Quatrième de Ligue 1 cette saison, le COK a surtout remporté la Coupe nationale 2026 face à la SOA, vendredi 29 mai, après la séance des tirs au but (1-1, 4 tab à 3).
Pour certains observateurs, cette réussite constitue un argument de poids dans la perspective d’une candidature à la tête de la FIF. « S’il est candidat, il va gagner », affirme un journaliste sportif du groupe RTI.
Le compte à rebours est lancé
Pour l’instant, le calme règne encore à la FIF. Mais à l’approche du scrutin du 12 septembre, il pourrait bien annoncer une tempête électorale.
Pour sûr, avant la fin de la Coupe du monde approche, les lignes vont progressivement bouger. Les différentes candidatures et alliances vont commencer à se dessiner plus clairement.
Si Souleymane Cissé entend défendre son projet de professionnalisation du football ivoirien, l’attention reste surtout focalisée sur une éventuelle confrontation entre Yacine Idriss Diallo et Malick Tohé.
Martial Galé







