
Retour sécurisé de Thiam : Le PDCI joue sa dernière carte
Lemandatexpress – Des cadres du PDCI jouent leur va-tout pour que le parti parle d’une seule voix et réclame le retour sécurisé de leur président Tidjane Thiam. C’est une initiative qui n’est pas sans risques.
Depuis maintenant plus d’une année, le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est loin de la Côte d’ivoire. Il vit sur les bords de la Seine, dans une sorte d’exil volontaire. En Avril dernier, à l’entame de la célébration des quatre-vingt (80) ans du vieux parti, un appel a été lancé urbi et orbi par des pontes du parti doyen, en vue d’opérer le retour sécurisé de Tidjane Thiam.
Si le parti au pouvoir et les autorités compétentes observent la loi de l’omerta, la baronnie du PDCI ne démord toujours pas. Selon notre confrère Jeune Afrique, le PDCI-Rda veut fédérer toutes les énergies autour de la question.
En amont, les hauts dirigeants veulent d’abord rabibocher toutes les tendances et tous les cadres en leur sein avant de demander d’une seule et même voix le retour de leur leader. En marge des festivités de célébration de l’anniversaire des 80 ans d’existence du parti à Abengourou, le week-end dernier, notre confrère Jeune Afrique rapporte que les cadres dont le doyen Edjampen Tiémélé et les instances du PDCI-RDA multiplient les initiatives de médiation interne pour unifier les rangs derrière Tidjane Thiam. Un groupe de doyens du parti mène des consultations pour réconcilier les cadres en délicatesse avec la direction. Des émissaires approchent activement des figures clés du parti, comme l’ancien ministre Jean-Louis Billion, pour consolider le leadership de Thiam. Dans la même veine, les maires de Co-cody, Port-Bouet et du Plateau qui ont fait grise mine ces derniers mois, ont été approchés.
Il s’agit de parler d’une seule et même voix. Le PDCI a besoin de son président sur place à Abidjan. Nous devons nous assurer que rien ne lui arrivera de fâcheux s’il rentre à Abidjan, susurre un cadre du PDCI. Sur cette question, la position du gouvernement n’a jamais varié. Le gouvernement ne cesse d’insister que les conditions sont réunies pour la liberté de circulation de Tidjane Thiam. Une affirmation reprise rebrousse-poil par de nombreux cadres et analystes politiques, qui réclament des assurances concrètes garantissant l’absence de poursuites arbitraires pour un retour en toute quiétude.
Ces réserves sont, naturellement, exacerbées par le souvenir des procédures judiciaires et administratives qui ont visé Tidjane Thiam, notamment sa radiation de la liste électorale l’année dernière
Le revers de la médaille
Si d’aventure, les consultations en cours au PDCI-RDA permettent d’aboutir à une union des braves au sein du vieux parti et que les négociations ou pres-sions avec le pouvoir accouchent d’une souris, il faudra craindre l’effet boomerang. Le PDCI-Rda, qui n’a pas été à l’élection présidentielle de 2025, et qui n’a pris part à aucune élection présidentielle depuis 2010, aura très certainement à cœur de compétir en 2030. Cette ambition, somme toute légitime, pourrait voir émerger d’autres alternatives que celles de Tidjane Thiam.
Dès lors, les options de miser sur de valeureux cadres seront sur la table. Et ce ne sont pas des profils qui manquent. Thierry Tanoh, Jean Louis Billon, Jean Marc Yacé et bien d’autres seront mis dans les starting-blocks. A partir de ce moment, la page Thiam pourrait être progressivement tournée. Toute chose qui pour rait ramener le PDCI à la case départ avec des clans et des crises de leadership plus té-roces. Tidjane Thiam, depuis sa survenue à la tête du PDCI, complexfie la vie du parti et se présente comme le problème majeur pour une vie harmonieuse et un dynamisme nouveau du vieux parti.
Les semaines et les mois à venir nous situeront mieux sur les résultats de cette autre initiative, qui a tout l’air d’un coup d’épée dans l’eau.
Vincent Boty
Source : Le Mandat






