
Santé et hygiène menstruelle : Dr Sosthène Dougrou plaide pour la fin des tabous et des inégalités
Lemandatexpress – À l’occasion de la célébration de la fête des mères, le Dr Sosthène Dougrou a choisi d’attirer l’attention sur une problématique encore trop souvent reléguée au second plan : la santé et l’hygiène menstruelle. Dans un plaidoyer engagé, il appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour garantir aux jeunes filles et aux femmes des conditions dignes de gestion de leurs menstruations.
Selon lui, la puberté et les menstruations constituent une étape naturelle et déterminante dans la vie des femmes. Pourtant, dans de nombreuses sociétés africaines, les règles demeurent entourées de tabous, de préjugés et de croyances négatives. Ces perceptions conduisent souvent à la stigmatisation des femmes et des jeunes filles, parfois considérées comme « impures » durant cette période.
Cette réalité entraîne de multiples conséquences sociales, notamment l’isolement, la limitation de certaines activités sociales ou religieuses, ainsi qu’un sentiment de honte susceptible d’affecter l’estime de soi et le bien-être psychologique.
Le Dr Dougrou souligne également que ces difficultés sont aggravées par le manque d’infrastructures adéquates d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Dans de nombreux établissements scolaires, les latrines adaptées font défaut, tandis que l’accès aux protections hygiéniques demeure limité pour une grande partie des jeunes filles.
L’impact sur l’éducation est particulièrement préoccupant. Citant des données de l’UNESCO, il rappelle qu’en Afrique subsaharienne, une fille sur dix manque l’école pendant ses menstruations en raison de conditions inadaptées. Certaines études estiment que cela représente jusqu’à 20 à 40 jours de cours perdus par an, compromettant ainsi la réussite scolaire et accentuant les inégalités entre les sexes.
Au-delà de l’éducation, le médecin insiste sur le fait que la gestion de la santé menstruelle relève d’une question fondamentale de droits humains. Elle touche directement à l’accès à la santé, à la dignité, à l’égalité des chances et à la participation pleine et entière des femmes à la vie sociale et économique.
Face à cette situation, Dr Sosthène Dougrou appelle les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les partenaires au développement et les communautés à renforcer les actions en faveur de la santé menstruelle. Il préconise notamment l’amélioration des infrastructures d’eau et d’assainissement, la disponibilité de protections hygiéniques accessibles, le renforcement de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la lutte contre les normes sociales discriminatoires.
Pour lui, une meilleure gestion de la santé et de l’hygiène menstruelle constitue un levier essentiel pour atteindre plusieurs objectifs de développement, notamment en matière de santé, d’éducation, d’égalité de genre et d’accès aux services de base.
« Les menstruations ne doivent plus être un facteur d’exclusion ou de vulnérabilité. Garantir aux filles et aux femmes des conditions dignes pour vivre cette réalité biologique est une exigence de justice sociale et de développement », plaide-t-il.
AS







