
Burkina Faso : la junte durcit le ton avec l’Union européenne sur fond de tensions diplomatiques
Lemandatexpress – Les relations entre le Burkina Faso et l’Union européenne connaissent un nouveau coup de froid. Les autorités de la Transition ont décidé d’expulser deux membres de la délégation de l’UE à Ouagadougou, une mesure qui illustre la volonté affichée du pouvoir burkinabè de répondre avec fermeté aux critiques de ses partenaires occidentaux.
Selon des informations relayées par Afrique sur 7, le chef de délégation adjoint chargé des affaires politiques, de la presse et de l’information, ainsi qu’une chargée de programme de la délégation de l’Union européenne, ont été déclarés persona non grata.
Les deux responsables disposent de trois jours pour quitter le territoire burkinabè.
Cette décision intervient après l’adoption, il y a quelques semaines, d’une résolution du Parlement européen dénonçant la dégradation de la situation sécuritaire et politique au Burkina Faso. Le texte met en cause la gestion de la Transition conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État en septembre 2022, le deuxième enregistré dans le pays cette année-là.
Les eurodéputés estiment que la junte n’a pas réussi à enrayer l’expansion des groupes armés et s’inquiètent des atteintes aux libertés publiques. En réaction, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, avait convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne à Ouagadougou pour lui faire part du rejet de cette résolution, jugée inacceptable et contraire au principe de respect de la souveraineté nationale.
Depuis son arrivée au pouvoir, le régime du capitaine Ibrahim Traoré revendique une politique fondée sur la souveraineté et la diversification des partenariats internationaux.
Cette orientation a conduit à une dégradation progressive des relations avec plusieurs pays occidentaux, notamment la France, avec laquelle Ouagadougou a mis fin à sa coopération militaire et rompu plusieurs accords diplomatiques.
L’expulsion de responsables européens s’inscrit ainsi dans cette stratégie de fermeté, les autorités burkinabè affirmant privilégier des relations fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.
M.Galé






