Renvoi du procès contre Thiam : Me Adjé Luc, avocat du PDCI-RDA, explique la décision du juge et interpelle
Alors que le tribunal devait rendre sa décision sur l’affaire PDCI-RDA, il a finalement décidé de rabattre le délibéré et de rouvrir les débats. Pour Me Adjé Luc, l’un des avocats du Parti doyen, cette décision vise à joindre deux procédures similaires afin d’éviter des décisions contradictoires.
Le tribunal ne s’est finalement pas prononcé sur le fond du dossier opposant des requérants au président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam. Attendue ce jeudi, la décision a été reportée au 22 octobre après que la juridiction a choisi de rabattre son délibéré et de rouvrir les débats. Une décision qui a suscité de nombreuses interrogations, auxquelles Me Adjé Luc, membre du collectif d’avocats du PDCI-RDA, a apporté des éléments de réponse.
Selon l’avocat, le tribunal a estimé qu’il n’était pas opportun de rendre immédiatement une décision, dans la mesure où une autre procédure, introduite par un requérant dénommé M. Siaba, est pendante devant la même juridiction et repose sur les mêmes fondements juridiques.
« Les moyens sont les mêmes. Le tribunal ne pouvait pas rendre une décision aujourd’hui dans un dossier, puis se prononcer ultérieurement dans une autre affaire fondée sur les mêmes arguments », a-t-il expliqué.
Une exigence de cohérence
Pour Me Adjé Luc, le choix du tribunal répond à une exigence de cohérence judiciaire. En procédant à la jonction des procédures, la juridiction s’assure qu’une seule décision sera rendue sur des demandes identiques, évitant ainsi le risque de jugements contradictoires.
L’avocat rappelle qu’en droit processuel, cette pratique est courante lorsque plusieurs actions, introduites à des dates différentes, présentent un objet commun, concernent le même défendeur et soulèvent les mêmes moyens.
« C’est ce qui participe à la bonne administration de la justice », insiste-t-il, estimant que cette démarche est juridiquement fondée.
La judiciarisation de la vie interne des partis politiques
Au-delà des aspects purement procéduraux, Me Adjé Luc a profité de cette prise de parole pour exprimer une préoccupation plus large. Il met en garde contre une tendance qu’il juge préoccupante : la judiciarisation croissante de la vie interne des partis politiques.
À ses yeux, les juridictions ne devraient pas être appelées à arbitrer systématiquement les différends liés au fonctionnement interne des formations politiques.
« Aujourd’hui, cela concerne un parti. Demain, cela pourrait concerner un autre. Le juge n’est pas là pour gérer la vie privée des partis politiques », a-t-il affirmé.
Revenant sur le fond du dossier, l’avocat soutient que les conditions permettant d’engager cette action ne seraient pas réunies. Il affirme que le requérant ne remplit pas, selon le PDCI-RDA, les exigences nécessaires pour prospérer dans sa démarche. Il appartient désormais au tribunal d’apprécier ces arguments au regard du droit.
La ddécision du juge
Enfin, Me Adjé Luc a livré une réflexion plus générale sur le rôle de la justice. Dans tout contentieux, observe-t-il, chaque partie est convaincue de détenir la vérité. C’est précisément la mission du juge que de départager les positions en présence et de dire le droit.
« La vérité des hommes peut être multiple. Mais celle qui s’impose à tous est celle consacrée par la décision du juge », a-t-il conclu, rappelant que si la vérité absolue relève, selon les croyants, de Dieu, la vérité judiciaire demeure celle qui fait autorité dans un État de droit.
Martial Galé







