Festival des 3A : la 8ème édition présente la culture comme vecteur de l’autonomisation des femmes rurales
La 8ᵉ édition du Festival des 3A s’est ouverte, le samedi 8 août 2026, à Bahuama, dans le département de Jacqueville. Cette édition met en honneur le patrimoine des peuples Alladjan, Ahizi et Avikam, tout en faisant de l’autonomisation économique des femmes rurales un enjeu majeur du développement local.
À Bahuama, la culture entend jouer pleinement son rôle dans le développement des communautés. La 8ᵉ édition du Festival des 3A, consacrée aux peuples Alladjan, Ahizi et Avikam, s’est ouverte dans une ambiance placée sous le signe de la valorisation du patrimoine, de la solidarité et de l’autonomisation des femmes rurales. À travers cette manifestation, les organisateurs souhaitent donner une plus grande visibilité aux savoir-faire locaux et aux femmes qui participent au quotidien à la vitalité économique de leurs communautés.
Placée sous le thème « La femme rurale, citadelle des 3A au service du développement dans la région », cette édition entend mettre en lumière les nombreuses activités économiques portées par les femmes. Agriculture, production de sel, transformation de l’attiéké, commercialisation du poisson ou encore production d’huile de coco constituent autant de secteurs dans lesquels elles jouent un rôle essentiel. Le festival veut ainsi contribuer à créer de nouvelles opportunités pour ces actrices du développement local.
À l’ouverture des activités, la commissaire générale du festival, Geneviève Dagry épouse Akha, a insisté sur la nécessité d’apporter un accompagnement concret aux femmes rurales. « Ces dames sont battantes. Elles ont vraiment besoin du matériel pour pouvoir travailler », a-t-elle déclaré. Elle a notamment évoqué des projets visant à installer des unités de production de sel, d’attiéké et d’huile de coco pressée à froid, afin de renforcer les capacités productives et les revenus des bénéficiaires.
Bien-être des populations
La question du bien-être des populations figure également au programme de cette édition. Une opération de dépistage cardiovasculaire sera organisée avec l’appui d’une clinique, qui prévoit de mettre à disposition 3 000 kits destinés au contrôle de la tension artérielle et de la glycémie. Cette initiative vient compléter les actions du festival en faveur des communautés, en associant promotion culturelle, autonomisation économique et sensibilisation à la santé.
Au-delà de la dimension économique, le Festival des 3A entend préserver et transmettre l’identité culturelle des peuples concernés. Plusieurs activités sont ainsi prévues pour rapprocher les jeunes de leur histoire et de leurs traditions, notamment un camping à la jungle, la découverte de maisons ancestrales et des prestations de danses traditionnelles. Cette démarche vise à favoriser la transmission intergénérationnelle des savoirs et à maintenir vivante une mémoire culturelle considérée comme un patrimoine commun.
“Pas dde tourisme sans culture”
Représentant le préfet de Jacqueville, le secrétaire général de la préfecture a salué une initiative qui s’impose progressivement comme un rendez-vous culturel majeur dans la région. Il a également transmis le soutien de la marraine du festival, la chancelière honoraire Henriette Dagri Diabaté. Au nom de la chefferie traditionnelle, Badjo Bruno a, pour sa part, salué l’engagement de la marraine en faveur de la culture et du développement local, tout en attirant l’attention sur certaines difficultés auxquelles demeurent confrontées les populations, notamment l’état des routes.
Représentant Côte d’Ivoire Tourisme, la sous-directrice Gbabé Michèle a, de son côté, souligné le lien étroit entre culture et développement touristique. « Il n’y a pas de tourisme sans culture », a-t-elle rappelé, réaffirmant la volonté de l’institution d’accompagner le Festival des 3A. Le président du comité d’organisation, Anem, a également présenté la manifestation comme un espace de rencontre, de transmission et de fraternité entre les communautés.
Avec cette 8ᵉ édition, le Festival des 3A se positionne ainsi comme un instrument de promotion culturelle et de développement local. En donnant une place centrale aux femmes rurales, à leurs savoir-faire et à leurs activités économiques, la manifestation ambitionne de faire de la richesse culturelle des Alladjan, met en attraction la culture au service de l’autonomisation des femmes rurales et Avikam un véritable levier d’autonomisation.
Kouassi N’Goran







