Drame à Alépé: six morts après une nuit de violences à Kossandji
Le Kossandji, dans la sous-préfecture de Danguira, département d’Alépé, a connu une nuit sombre, enttanchée de conséquences violentes survenues du 4 au 5 août 2026. Six personnes ont été tuées, dans une attaque, dont un homme et son fils, plusieurs autres blessées et des commerces ainsi que des habitations incendiés.
Le Jeudi 6 août 2026, il est 16 h lorsque qu’une délégation conduite par le député de la circonscription d’Alépé, Christophe N’Cho, est arrivée dans le village endeuillé.
Dans le village, une dame est en pleurs. Son fils, qui venait de recouvrer la liberté après avoir passé quelque temps en prison, a été tué lors des violences. L’atmosphère est lourde et la désolation perceptible.
Le bilan dressé sur place fait état de six morts, parmi lesquels un père et son fils, ainsi que de nombreux blessés, dont certains dans un état grave. Des magasins, boutiques, restaurants et habitations ont également été incendiés. Les témoignages recueillis auprès des habitants permettent de reconstituer les circonstances qui auraient conduit à cette nuit de violences. Selon plusieurs personnes interrogées, tout serait parti d’un différend dans un champ entre une autochtone et un allochtone, présenté comme un manœuvre agricole travaillant sur une parcelle qui lui avait été confiée par des proches de la dame.
D’un différend foncier à la violence
La discussion entre les deux protagonistes autour de l’exploitation de la parcelle dégénère en altercation physique. La dame aurait été blessée au cours de la bagarre et fait appel à des jeunes pour lui porter assistance. Ces derniers s’en prennent alors au manœuvre agricole, le battent et retiennent sa moto. Le manœuvre alerte à son tour des membres de sa communauté. Ceux-ci se rendent au domicile d’un jeune prénommé Arthur pour récupérer l’engin. Les discussions engagées autour de la moto ne permettent toutefois pas de parvenir à un règlement du différend.
Selon les témoignages recueillis, la situation prend une nouvelle tournure dans l’après-midi du mardi 4 août. Des individus reviennent plus nombreux et, selon plusieurs habitants, certains sont munis de fusils, de machettes et de haches. Les tensions se transforment alors en violences. Dans la nuit, plusieurs habitations et commerces sont pris pour cible. « Des hommes qui portaient des cagoules sont arrivés chez moi à 23 h 30. Ils ont incendié le restaurant de mon épouse. De ma cachette, je les voyais, mais je ne pouvais rien faire », témoigne-t-on.
Le lendemain, les traces des violences restent visibles dans plusieurs endroits du village. Alain Koffi Godens, âgé d’environ 60 ans, nous conduit devant sa maison incendiée. « Ils sont arrivés chez moi à 23 h. J’ai tout perdu », confie-t-il. À travers ces témoignages, les habitants décrivent une nuit marquée par la peur, les incendies et les agressions. Plusieurs familles ont ainsi perdu des proches ou leurs biens.
Le calme revient, la psychose demeure
Les échanges avec les habitants rencontrés lors de cette mission permettent également de relativiser la nature des événements. Selon les témoignages recueillis sur place, les violences ne seraient pas assimilables à un affrontement intercommunautaire généralisé. Elles seraient plutôt liées à des actes commis par des individus mécontents, à la suite d’un différend qui a dégénéré. Cette lecture des événements est également présentée comme un appel à préserver la cohésion entre les différentes communautés vivant à Kossandji.
Dans ce contexte particulièrement difficile, des actions de solidarité ont été engagées en faveur des populations. Le député d’Alépé, N’Cho Christophe, accompagné notamment du sénateur Ahiba Boguié, du conseiller économique, social, culturel et environnemental Sylla Soumaïla et du président de l’Union des chefs de la sous-préfecture de Danguira, Anin Mathurin, a remis des vivres aux villageois. Les dons étaient constitués notamment de riz, de pâtes alimentaires, d’huile, de poisson et de viande. Avant cette délégation, le président de l’Assemblée nationale et président du Conseil régional de La Mé, Patrick Achi, s’était également rendu à Kossandji pour apporter son soutien aux familles endeuillées.
À 19 h, au moment de quitter Kossandji, le calme était revenu. La présence des forces de l’ordre, installées à l’entrée du village avec un important dispositif et effectuant des patrouilles, contribuait à sécuriser les lieux. Toutefois, derrière cette accalmie, la peur demeurait palpable. Les habitants, encore sous le choc des événements, restent marqués par les pertes humaines et matérielles enregistrées. À Kossandji, le retour au calme ne signifie donc pas encore le retour à la sérénité.
Kouassi N’Goran
Source: Soirinfo et correspondance







