Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire a célébré avec faste, samedi à Korhogo, son 80e anniversaire. Un rassemblement qui sonne le grand réveil du PDCI dans le septentrion ivoirien. Pendant ce temps, les élus du RHDP étaient sur le front contre l’orpaillage illégal. Au plan judiciaire, la mise sous mandat de dépôt du 4e vice-président du PPA-CI suscite une volée de bois vert. L’avocat de Katinan Koné juge la décision arbitraire et illégale. Pays voisins, la Côte d’Ivoire et la Guinée renforcent leur coopération. Et ce, pendant un week-end où le cacao était au cœur de l’actualité, tout comme le football avec la réélection d’Idriss Diallo à la FIF. (La Matinale express).
Le pari est gagné pour le PDCI-RDA. Après Yamoussoukro et Daloa, le parti doyen a réussi une mobilisation exceptionnelle, samedi 12 septembre à Korhogo, à l’occasion des festivités tournantes de son 80e anniversaire. Le temps d’une célébration, la capitale du Poro a rappelé les moments forts d’un PDCI dominant. « Le PDCI déverrouille le Nord », affirme Le Nouveau Réveil, qui voit dans cette mobilisation la « démonstration d’implantation d’un parti national ». Pour la direction et les militants, c’est une demi-victoire. Et ils ne boudent pas leur plaisir.
« Le PDCI is back »
Dans les colonnes de L’Inter, le secrétaire exécutif, Yapo Calice, soutient avec fermeté que « Le PDCI is back », avant d’ajouter qu’aucune région n’est la propriété définitive d’un parti politique. Il renchérit en précisant que le PDCI n’a jamais laissé le Nord. Mieux, selon Dernière Heure Monde, « Thiam propose une nouvelle alliance du Nord ». De fait, depuis Korhogo, le parti octogénaire a affiché ses ambitions pour le Nord, à travers une mobilisation massive et retentissante.
Dans le même temps, le RHDP jouait sur le terrain de l’orpaillage illégal. Le groupe parlementaire au Sénat a sonné la mobilisation des collectivités territoriales, apportant son soutien ferme aux actions du gouvernement, assorti de quatre propositions, fait savoir Le Mandat. Les députés ne sont pas en reste. Conduits par le ministre Adama Koné, ces élus étaient à fond sur le terrain dans la Marahoué, titre Le Patriote.
Du « délit de parole » au « crime d’État »
Ces activités de terrain se déroulent en pleine agitation judiciaire. En effet, la mise sous mandat de dépôt de Koné Katinan, vendredi, suscite des réactions de son parti et de l’opposition dans son ensemble. Le PPA-CI dénonce ainsi un « kidnapping institutionnel » et appelle les militants à la mobilisation, rapporte Le Quotidien d’Abidjan. Pour Notre Voie, journal proche du FPI, l’arrestation de Katinan rappelle plus de 15 ans de persécutions judiciaires des opposants.
La Voie originale enfonce le clou, affirmant qu’il s’agit d’un « exemple très édifiant de la dérive autoritaire du régime Ouattara ». « Délit de parole transformé en crime d’État », ajoute le confrère.
Me Sérikpa, l’avocate du 4e vice-président du PPA-CI, y est également allée de sa critique sans ménagement. « Mon client est en détention irrégulière, illégale, donc arbitraire », a-t-elle dénoncé dans des propos rapportés par Le Canard déchaîné. Aujourd’hui prend le contre-pied de ces critiques, présentant ces détenus de l’opposition comme « les héros du chaos ».
Autre sujet : le renforcement de la coopération entre la Côte d’Ivoire et la Guinée. Le président guinéen Mamadi Doumbouya a effectué un bref séjour à Abidjan. Reçu par le président Ouattara, les deux chefs d’État ont signé, selon Le Matin, un nouveau départ autour de cinq axes. Ils prennent des engagements pour renforcer la coopération ivoiro-guinéenne, indique Soir Info, tandis que, pour Liberté, Doumbouya est venu « à l’école de Ouattara ».
« L’heure est grave »
Ce renforcement de l’axe Abidjan-Conakry n’a pas empêché la montée d’adrénaline autour du cacao. Depuis l’annonce du nouveau prix bord champ de 1 200 F CFA, les producteurs et l’Interprofession sont à couteaux tirés. Échos de la République se fait l’écho d’un week-end de choc marqué par des verbatim. L’OIA a appelé les producteurs à rejeter la galère et à miser sur le dialogue. Pendant ce temps, c’est « la veillée d’armes au SYNAP-CI pour bloquer la campagne, mercredi », fait savoir le journal.
En tout cas, Koné Moussa, président du SYNAP-CI, est formel : « L’heure est grave », a-t-il déclaré depuis Daloa. En soutien aux producteurs, le FPI exige « une subvention spéciale du prix bord champ du cacao », revendique Notre Voie.
Enfin, un mot de sport avec la réélection d’Idriss Diallo à la tête de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Il ouvre la page de l’unité, selon Liberté. Plus critique, Supersport estime qu’Idriss Diallo, unique candidat, a rempilé sans plébiscite, invoquant une affaire de « vote blanc qui a ébranlé Yamoussoukro ». Le président a été réélu avec 74 % des suffrages, soit 123 voix sur 149.
Il n’empêche : pour ce deuxième mandat de quatre ans, le patron de la maison de verre voit grand : « Nous voulons hisser le football ivoirien le plus possible », a-t-il promis. En tout cas, comme le souligne Le Rassemblement, Idriss Diallo est attendu sur plusieurs fronts dans un football qui a besoin de se réinventer.
À demain.
Martial Galé




