Lemandatexpress – Un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la sécurité et de la justice sur la détection et la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG) s’est ouvert, mercredi 16 septembre 2026, à Abidjan.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), le Programme national de lutte contre les VBG (PNLVBG) et l’association Akwaba Mousso, entend ainsi contribuer à une meilleure réponse aux violences basées sur le genre.
Prévue sur deux jours, la formation réunit des agents de police, de gendarmerie et de justice ainsi que des points focaux VBG. Elle vise à renforcer leurs compétences afin de leur permettre de mieux identifier les différentes formes de violences et d’assurer aux victimes une prise en charge judiciaire, psychologique et sociale adaptée.
Un rôle central dans le parcours des victimes
À l’ouverture des travaux, la directrice du CCDG, Sandra Oulaté, a souligné le rôle central des professionnels de la sécurité et de la justice dans la prévention et la réponse aux VBG. Elle a notamment insisté sur leur responsabilité dans l’identification précoce des victimes et leur orientation vers les services appropriés.
Selon elle, ces acteurs interviennent à plusieurs étapes du parcours de prise en charge, depuis le constat des faits et le dépôt de plainte jusqu’au traitement des dossiers médicaux et judiciaires. Ils sont également impliqués dans l’accueil des victimes, la collecte, la centralisation et le partage des données.
Sandra Oulaté a ainsi appelé à renforcer leur capacité à détecter les signes de violences, y compris lorsque les victimes ne les signalent pas explicitement. Elle a également insisté sur la nécessité de mieux distinguer les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques.
Pour une prise en charge respectueuse
La directrice du CCDG a, par ailleurs, plaidé pour un accompagnement des victimes fondé sur le respect, l’empathie et la confidentialité. Elle a préconisé une approche sensible au genre et une meilleure collaboration entre les services judiciaires, sociaux et psychologiques afin d’apporter une réponse adaptée aux besoins des victimes.
Pour sa part, la représentante de la Commission de la CEDEAO, Fathma Diarré, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans les actions régionales visant à lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes ainsi que contre les différentes formes de violences et d’exploitation.
Elle a cité, entre autres, les viols, les violences physiques, émotionnelles et économiques, les mutilations génitales féminines (MGF), les mariages d’enfants, les grossesses précoces et le harcèlement sexuel dans les milieux professionnels et scolaires.
Les données du « ECOWAS Gender Barometer » de 2023 montrent que 26,3 % des femmes dans l’espace CEDEAO sont victimes de violences conjugales. Le même document fait état de 42 % de filles ayant subi une excision et de 40,9 % de femmes mariées avant l’âge de 18 ans.
En Côte d’Ivoire, les données disponibles du CCDG font ressortir une prévalence de 26,6 % de femmes victimes de violences conjugales. Elles indiquent également que 36,7 % des femmes et filles ont subi des mutilations génitales féminines et que 35,1 % des mariages sont contractés avant l’âge de 18 ans.
Fathma Diarré a, en définitive, appelé au maintien de la mobilisation régionale contre les violences basées sur le genre et au renforcement de la coopération avec les États membres, conformément aux orientations de la Vision 2050 de la CEDEAO.
Kouassi N’Goran



