Détenus à Abidjan depuis 2024 dans le cadre d’une procédure liée à des activités minières à Hiré, six ressortissants de Bouakako n’ont, selon leurs proches, toujours pas été jugés. Leurs familles demandent l’intervention du président de la République.
Les familles de six responsables de la Coopérative village minier de Bouakako, détenus dans le cadre d’une procédure judiciaire, demandent la clémence et l’intervention du président de la République, Alassane Ouattara. Il s’agit de Gnamini Aka Jérémie, Adjimas N’chaud Stéphane, Blé Marcel, N’Dre Akanza Jonas, Digbeu Kouassi Aimé et Zonga Lamine. Selon leurs proches, les six hommes sont détenus à Abidjan depuis 2024, dans une affaire portant notamment sur des activités de recherche et d’exploitation aurifère dans la zone de Hiré.
Lors d’une conférence de presse organisée samedi à Cocody-Angré, Victor Koffi, porte-parole des familles, accompagné de l’épouse et la fille aîné de Gnamini Aka Jérémie, a plaidé pour un dénouement judiciaire du dossier et, à défaut, pour une mesure de clémence en faveur des détenus.
« Ils ont créé une coopérative légale », a-t-il soutenu, affirmant que celle-ci dispose de documents administratifs et que sa création a fait l’objet d’une publication au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire le 22 février 2018.
À l’origine de la procédure, selon les proches des détenus, figurent des travaux de recherche artisanale réalisés sur une partie d’un périmètre minier exploité par Allied Gold. Les familles soutiennent que ces activités avaient été menées avec l’accord de la société minière et dans le cadre des dispositions applicables.
Une ordonnance de non-lieu
Le dossier judiciaire porte notamment, sur des faits qualifiés de blanchiment de capitaux, de pollution et de recherche de pierres précieuses. Les familles affirment qu’une ordonnance de non-lieu a été rendue en leur faveur à l’issue de l’instruction, la juge estimant que les charges retenues contre eux n’étaient pas suffisamment établies.
Sur ce point, les proches évoquent plusieurs démarches entreprises par le président-directeur général d’Allied Gold, Jean-Claude Diplo Gnahoa, pour contester la décision judiciaire. Ils affirment que ces recours n’auraient pas abouti.
Pour les familles, la principale difficulté réside désormais dans la durée de la détention et dans l’absence, selon elles, d’une notification claire sur la suite de la procédure.
Elles affirment que, depuis le prononcé du non-lieu, les détenus n’auraient plus été convoqués à une audience de jugement et que leurs familles seraient restées sans information suffisamment précise sur l’évolution de la procédure.
Toutefois, les familles disent avoir appris, plus récemment, que le dossier aurait de nouveau été orienté vers le pôle économique et financier. Une évolution qui, si elle est confirmée par les autorités judiciaires, pourrait apporter de nouveaux éléments sur le statut procédural des six détenus.
Un appel à intervention du chef de l’État
Face à cette situation, Victor Koffi en appelle directement au président de la République. « Aujourd’hui, nous implorons votre haute clémence et votre intervention humanitaire », a-t-il plaidé, estimant que les six familles concernées sont aujourd’hui « brisées » par cette longue procédure.
Cette conférence de presse intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de l’exploitation minière dans la zone de Hiré. En août dernier, des populations de Bouakako avaient déjà protesté contre la situation et exigé la libération des six détenus. Elles avaient également bloqué certaines activités sur le site exploité par Allied Gold.
Martial Galé


