Journées scientifiques de l’AIGRH : Beugré Mambé appelle l’Afrique à transformer ses potentialités en richesses

Lemandatexpress – La cérémonie d’ouverture des journées scientifiques de l’Académie ivoirienne de gestion des ressources humaines (AIGRH) s’est tenue ce jeudi 24 septembre 2026 au CERAO, à Abidjan-Deux-Plateaux, sous la présidence du Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cette rencontre scientifique a été marquée par des réflexions sur les défis auxquels l’Afrique est confrontée et sur la nécessité de renforcer la recherche, l’éducation, la formation et l’innovation.

Prenant la parole à cette occasion, le Premier ministre a salué l’engagement des chercheurs et des universitaires qui œuvrent à identifier des réponses adaptées aux défis du continent. Pour lui, le combat pour l’excellence exige de la persévérance et doit s’inscrire dans une démarche durable.

« L’urgence ne doit jamais ensevelir le durable », a-t-il insisté, appelant à rechercher un équilibre entre les réponses immédiates aux problèmes de société et les transformations nécessaires sur le long terme.

S’appuyant sur les différentes communications présentées au cours de la rencontre, Beugré Mambé a notamment mis en avant la nécessité de dépasser une conception réductrice de l’homme, de l’organisation et du travail. Il a ainsi appelé à une transformation profonde reposant notamment sur le silence, la réflexion et le retour sur soi.

Selon lui, cette transformation doit permettre de mieux comprendre les réalités africaines et de faire émerger des solutions adaptées aux besoins des sociétés. «L’Afrique est riche. Il reste à faire émerger ces richesses, et à les mettre à disposition de tous. », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également évoqué la question des ressources en eau en Afrique de l’Ouest, estimant que les bassins hydrographiques constituent un important facteur de développement et de solidarité entre les pays. Il a appelé à transformer les potentialités du continent en projets concrets capables de répondre aux réalités des populations.

S’adressant particulièrement aux étudiants et aux jeunes chercheurs, Beugré Mambé a rappelé que les conquêtes scientifiques et intellectuelles nécessitent des efforts constants. « Toutes les conquêtes continentales exigent silence, travail et vigilance », a-t-il souligné, les encourageant à développer leur capacité de réflexion et d’introspection.

Le Premier ministre a, par ailleurs, félicité les chercheurs engagés dans cette dynamique et réaffirmé, au nom du gouvernement, son soutien aux initiatives visant à renforcer la recherche scientifique et à contribuer au développement du continent.

Avant lui, le professeur Hauhouot Asseypo Antoine, parrain académique du symposium, a présenté une réflexion consacrée à l’avenir de l’Afrique et à sa capacité à peser dans le monde de demain. Il a identifié quatre axes majeurs : comprendre le nouveau monde, cerner les grands défis contemporains, construire des capacités scientifiques, éducatives et technologiques et passer d’une Afrique qui attend et suit à une Afrique qui transforme et anticipe.

Pour le professeur Hauhouot, les crises contemporaines sont désormais interconnectées. Une crise politique peut rapidement devenir une crise éducative, agricole, alimentaire, sanitaire ou géopolitique. Face à cette complexité, il préconise une approche systémique des défis africains.

L’universitaire a également insisté sur le rôle stratégique de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation. Il a plaidé pour une transformation des systèmes éducatifs africains afin de faire de la connaissance, de la compétence et de l’innovation des leviers de souveraineté et de développement.
«La première ressource stratégique de l’Afrique n’est pas son sous-sol. C’est l’éducation, la formation, la recherche et l’innovation qui doivent être au centre de notre projet», a-t-il précisé.

De son côté, le président de l’AIGRH, le professeur Essane Séraphin, a exprimé sa reconnaissance au Premier ministre pour son soutien aux initiatives scientifiques de l’académie. Il a présenté cette rencontre comme un cadre de réflexion sur les sciences de gestion, le management, l’humain, les organisations, les cultures et les transformations sociales.

Ces journées scientifiques de l’AIGRH constituent ainsi un espace de dialogue entre universitaires, chercheurs, étudiants et acteurs publics autour des défis et enjeux scientifiques et sociétaux auxquels l’Afrique subsaharienne doit répondre au XXIe siècle. Les différentes interventions ont convergé vers une même nécessité : renforcer les capacités scientifiques et humaines du continent afin de mieux valoriser ses ressources et préparer son avenir.

Abran Saliho

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