Côte d’Ivoire-Ghana : Les bornes BP 48 remises aux acteurs frontaliers à Diby

Lemandatexpress – La Côte d’Ivoire et le Ghana ont franchi une nouvelle étape dans la réaffirmation de leur frontière commune avec la remise officielle, jeudi 24 septembre 2026, des bornes BP 48 à Diby, dans la sous-préfecture de Maféré, région du Sud-Comoé. L’opération, qui porte sur un linéaire de 150 kilomètres, vise à consolider la paix, prévenir les conflits frontaliers et renforcer la coopération entre les deux pays et leurs populations.

Un acte pour consolider la paix

La remise officielle des bornes frontalières aux acteurs étatiques et non étatiques marque l’aboutissement de la première phase du processus de réaffirmation de la frontière terrestre entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Engagé en août 2022, ce processus intervient près d’un siècle après la dernière mission d’abornement menée en 1929 par la France et la Grande-Bretagne.

Prenant la parole, le secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Diakalidia Konaté, a salué la présence de la délégation ghanéenne, qualifiant la cérémonie de « moment historique » dans les relations entre les deux pays. Il a souligné que la réaffirmation de la frontière constitue un acte destiné à renforcer la paix, la coopération et la bonne gouvernance de l’espace transfrontalier.

« Nous venons de construire des bornes frontières qui marquent les limites de la souveraineté de nos États. Mais sachez que nous ne venons pas d’ériger un mur de séparation entre nos deux États et nos deux peuples. Bien au contraire, nous venons de bâtir un pont de fraternité et d’amitié », a-t-il déclaré.

Selon Diakalidia Konaté, cette opération permet également de sensibiliser les autorités, les populations et les usagers sur les enjeux liés à la gouvernance de l’espace frontalier commun. Les bornes matérialisent les limites territoriales des deux États tout en favorisant l’intégration, la collaboration entre les administrations et la prévention des incompréhensions susceptibles de déboucher sur des conflits.

78 bornes sur 150 kilomètres

Cette première phase couvre le tronçon allant de la borne BP 55, située en bordure de mer entre Newtown, au Ghana, et Aforénou, en Côte d’Ivoire, jusqu’à la borne BP 45, entre Yaou, côté ivoirien, et N’siakrom, côté ghanéen. Au total, 78 bornes ont été construites sur ce linéaire de 150 kilomètres.

Le dispositif comprend notamment dix bornes principales de 1,5 mètre de hauteur, quatre bornes implantées aux points de passage et 64 bornes intermédiaires, hautes de 1,2 mètre et espacées d’un kilomètre.

Pour Diakalidia Konaté, cette première étape constitue un jalon important, mais le processus se poursuivra. « Aujourd’hui s’achève la première phase du processus de réaffirmation de cette frontière commune. La Commission technique mixte de réaffirmation de la frontière terrestre Côte d’Ivoire-Ghana se remettra très rapidement à la tâche, afin que la deuxième phase, qui débutera prochainement, puisse enregistrer des résultats tout aussi satisfaisants », a-t-il annoncé.

Du côté ghanéen, le commissaire général de la Commission des frontières, Anthony Ntem, a relevé que la réalisation de ces bornes traduit l’engagement des deux pays en faveur du dialogue, de la coopération et du bon voisinage. Il a invité les communautés riveraines à s’approprier ces ouvrages et à contribuer à leur protection.

Un symbole de coexistence pacifique

Anthony Ntem a insisté sur la nécessité de préserver les liens historiques entre les populations de part et d’autre de la frontière. « La réaffirmation de la frontière est présentée comme un exercice de construction de la paix et de la confiance. Elle ne doit pas constituer une barrière entre les populations, notamment celles de Diby et des communautés environnantes, dont les liens familiaux, culturels, linguistiques, commerciaux et sociaux existent depuis des générations », a-t-il déclaré.

Le diplomate allemand a, pour sa part, réitéré le soutien de son pays au Programme frontières de l’Union africaine, notamment à travers les financements et l’expertise de la GIZ. Cette coopération, a-t-il expliqué, doit contribuer à l’identification des problèmes communs aux frontières et à la recherche de solutions concertées.

Au nom de l’administration préfectorale et des populations du Sud-Comoé, le préfet de région, Ibrahima Cissé, a souhaité que cette dynamique contribue durablement au renforcement de la paix, de la sécurité et de la coopération entre les deux pays. La cérémonie, marquée par des prestations et des dons, s’est achevée par la visite des bornes BP 48, BP 48-1 et BP 48-2 au poste frontalier de Diby, entre les localités d’Ayamé, en Côte d’Ivoire, et d’Enchi, au Ghana.

Kouassi N’Goran avec correspondance

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