Assemblée Nationale : Patrick Achi dévoile les grands chantiers de la 2e session ordinaire, l’intégralité de son discours d’ouverture

Lemandatexpress – La deuxième session ordinaire 2026 de la troisième législature de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce jeudi 1er octobre à Abidjan. Dans son discours d’ouverture, le président de l’institution, Patrick Achi, a fixé les principales priorités des prochains mois, avec une place centrale accordée à l’examen du budget 2027, au suivi de l’action publique, à l’intelligence artificielle et à la modernisation du Parlement. Ci-après l’intégralité du discours du président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi.

  • Monsieur le Haut-Représentant du Président de la République, représentant Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire,
  • Madame la Présidente du Sénat,
  • Monsieur le Médiateur de la République,
  • Monsieur l’Inspecteur Général d’État, 
  • Monsieur le Président de la Chambre des Représentants d’Australie,
  • Messieurs les Membres du Gouvernement,
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques et consulaires,
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations internationales et des institutions de développement,
  • Honorables Députés, Vénérables Sénateurs,
  • Messieurs les Officiers Généraux et Officiers Supérieurs,
  • Vénérés Chefs traditionnels et Éminents Guides religieux,
  • Mesdames et Messieurs,

Honorables Députés, chers collègues,

Je     voudrais commencer cette séance d’une manière inhabituelle.

Je voudrais vous demander de vous applaudir. Oui, de vous applaudir !

Car rarement une intersession aura été aussi active, aussi riche et, je crois, aussi utile.

Durant ces trois derniers mois, vous n’avez pas simplement quitté cet Hémicycle. Vous avez prolongé ailleurs la mission qui nous y rassemble.

Vous êtes retournés auprès de nos concitoyens. Vous avez expliqué nos travaux. Vous avez écouté leurs préoccupations. Vous avez observé les réalités du terrain. 

Mais vous avez également regardé au-delà de nos frontières, pour comprendre d’autres expériences et identifier ce qu’elles peuvent apporter à notre pays.

Vous avez ainsi fait vivre pleinement votre mandat de représentants de la Nation.

Je voulais, en ouvrant cette session, saluer cet engagement et vous en remercier très chaleureusement.

Permettez-moi maintenant de m’adresser à nos invités.

Monsieur le Haut-Représentant du Président de la République,

Au nom de la Représentation nationale, je voudrais vous remercier très chaleureusement de votre présence à nos côtés. 

Je vous prie de bien vouloir transmettre à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, l’expression de notre très haute considération et de notre profonde reconnaissance.

Depuis le début de cette législature, l’attention qu’il porte à l’Assemblée nationale et à l’exercice de la fonction parlementaire nous honore.

Et cet honneur nous oblige. Il nous oblige à exercer pleinement nos responsabilités, avec rigueur, sagesse et sens de l’État.

Il nous oblige surtout à ne jamais perdre de vue l’essentiel : servir la République, servir les Ivoiriens et servir le projet d’une Grande Côte d’Ivoire.

Madame la Présidente du Sénat, chère Sœur,  

Une fois encore, vous êtes fidèle à notre séance d’ouverture avec la force de l’engagement républicain que l’on vous connaît. Votre présence témoigne de la coopération étroite et soutenue entre nos deux Chambres. Elle exprime notre volonté commune de conjuguer leurs forces et leurs compétences, dans le respect de leurs missions, au service de la Nation.

Permettez-moi ici, au nom de l’ensemble des députés, de vous remercier chaleureusement.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais également saluer très chaleureusement mon homologue australien, Monsieur Milton Dick, Président de la Chambre des Représentants, qui nous fait l’amitié d’assister à notre ouverture.  

Monsieur le Président, les liens entre nos deux pays s’enracinent dans des projets concrets. À Yaouré comme à Sissingué, les investissements australiens contribuent au développement de notre industrie minière et à la création d’emplois pour nos concitoyens. 

Votre présence nous invite aujourd’hui à renforcer le dialogue entre nos Parlements. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres pour faire vivre nos Institutions et mieux servir les peuples que nous représentons. Je souhaite que votre séjour donne un nouvel élan à cette coopération. 

Soyez le bienvenu en Côte d’Ivoire et dans cette maison du peuple !

Mesdames et Messieurs,

Nous reprenons aujourd’hui nos travaux après une première session qui a posé les fondations de cette législature.

Nous avons installé notre Bureau, constitué nos six commissions permanentes et créé la Commission d’évaluation des politiques publiques.

Nous avons adopté vingt-sept projets de loi, dont vingt-six à l’unanimité.

Parmi eux figure le Plan national de développement 2026-2030, qui trace la trajectoire économique et sociale de notre pays pour les cinq prochaines années.

D’autres textes sont venus apporter des réponses importantes dans les domaines de la santé, de l’inclusion sociale, du foncier rural, de l’agriculture, de l’activité économique et de notre intégration régionale.

Au terme de cette session, les premières pierres étaient donc posées. Il s’agissait dès lors de faire vivre cette ambition parlementaire nouvelle pendant l’intersession. Et c’est ce que nous avons fait. 

1.             UNE ASSEMBLÉE AU CONTACT DE SES CONCITOYENS

Honorables Députés, chers collègues,

Nous avions décidé avec les Présidents des Groupes parlementaires de faire de cette intersession un temps de retour vers les populations.

L’objectif était simple : faire la restitution de nos travaux, expliquer les lois adoptées, mais aussi entendre la parole de nos concitoyens.

Avec enthousiasme et en nombre, vous avez donné corps, sur le terrain, à cette première « Assemblée nationale hors les murs ».

Dans de nombreuses circonscriptions du pays, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, dans les villes comme dans nos villages, vous avez rencontré vos mandants.

Des tribunes citoyennes ont permis de présenter les travaux de notre Assemblée et d’en discuter directement avec les populations.

Bien souvent, les échanges se sont prolongés par des visites de centres agricoles, de marchés, de stations de traitement d’eau ou d’autres infrastructures publiques.

Et derrière chacune de ces visites, se faisaient entendre en écho les aspirations de nos concitoyens : produire davantage, mieux commercer, accéder à l’eau, se soigner, éduquer ses enfants, bien circuler, protéger leurs terres et villages contre l’orpaillage clandestin.

Dans       plusieurs circonscriptions,         les préoccupations recueillies ont été rassemblées dans un mémorandum destiné au Bureau de notre Assemblée.

Les démarches ont pu être différentes. 

Mais partout, une même exigence s’est exprimée : les citoyens veulent mieux comprendre les décisions prises en leur nom ; ils veulent aussi que leur parole trouve le chemin de nos Institutions.

C’est cela, au fond, la démocratie vivante.

Le député doit pouvoir expliquer le sens des lois qu’il vote. Et il doit également revenir dans cet Hémicycle avec les questions, les difficultés, les espoirs et les propositions de celles et ceux qu’il représente.

C’est pourquoi les enseignements de ces rencontres doivent maintenant nourrir notre travail parlementaire.

Ils seront examinés au sein de nos groupes parlementaires, transmis aux commissions compétentes et, chaque fois que leur objet s’y prêtera, intégrés à nos auditions, à nos questions au Gouvernement et à l’examen du budget.

Ainsi, « l’Assemblée nationale hors les murs » ne sera pas l’expérience d’une seule intersession. Elle devra, au contraire, devenir une pratique régulière de notre mandat : restituer, écouter, transmettre et agir. Car plus le Parlement se rapproche du citoyen, plus la République elle-même se rapproche de lui.

2.             APPRENDRE AILLEURS ET FAIRE VIVRE LA DIPLOMATIE PARLEMENTAIRE

Mesdames et Messieurs,

Cette intersession nous a également conduits au-delà de nos frontières. Et ces déplacements internationaux ont répondu à deux missions complémentaires.

La première mission est celle de la coopération interparlementaire : approfondir les relations entre nos institutions, porter la voix de la Côte d’Ivoire à l’étranger et contribuer au dialogue entre les nations.

À Yaoundé, lors de la 51e Assemblée de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, j’ai eu l’honneur d’être élu Vice-président de son Bureau. 

Au-delà de ma personne, j’y vois d’abord une marque de confiance envers la Côte d’Ivoire et envers les deux Chambres de son Parlement.

J’y vois également une responsabilité : contribuer à faire de l’espace francophone non seulement un espace de langue, de culture et de valeurs partagées, mais aussi un espace de coopération économique, d’innovation et d’opportunités pour les peuples qui le composent.

Dans les prochains jours, une délégation de notre Assemblée participera, à Arusha, à la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire. Elle y portera la voix de la Côte d’Ivoire dans un monde traversé par les tensions, les conflits militaires, les rivalités économiques et les bouleversements technologiques.

Dans un tel monde, le dialogue n’est jamais une faiblesse, mais une force essentielle. Car la concorde et la paix sont les premières infrastructures du développement.

La seconde mission est celle de l’apprentissage et du partage d’expériences : observer les leviers et les méthodes qui peuvent éclairer les nôtres, tout en partageant les succès de la Côte d’Ivoire.

Au Viet Nam, à l’invitation de mon homologue, le Président Trần Thanh Mẫn, notre délégation a rencontré les plus hautes autorités du pays et renforcé les relations entre nos Parlements. 

Notre visite nous a également permis d’observer une trajectoire de transformation riche d’enseignements, pour le modèle que nous sommes en train de bâtir : accroissement de la productivité agricole, transformation industrielle, développement des compétences, montée dans les chaînes de valeur et intégration croissante du numérique dans l’action publique.

D’autres collègues ont participé, en Chine, au séminaire organisé par l’Union interparlementaire et l’Assemblée populaire nationale autour de l’intelligence artificielle, du climat et des évolutions démographiques.

À Abuja, plusieurs de nos collègues femmes députées ont porté une conviction essentielle. 

Lorsqu’une société élargit aux femmes et aux jeunes l’accès à la formation, au financement et aux responsabilités, elle ne répond pas seulement à une exigence d’équité ; elle augmente sa propre capacité de développement. 

C’est cette conviction que nous mettons en œuvre en Côte d’Ivoire.

Au fond, un principe simple doit guider nos voyages d’études : seul compte ce que nous en rapportons d’utile pour notre pays.

Les méthodes observées, les expériences étudiées et les contacts établis doivent trouver leur prolongement dans nos travaux, nourrir nos commissions et éclairer l’évaluation de nos politiques publiques. 

C’est dans cet esprit que de nouvelles missions seront organisées, au cours des prochains mois, dans des pays dont l’expérience peut éclairer les choix stratégiques de notre transformation.

Voilà l’esprit qui doit nous guider : apprendre sans complexe, adapter avec intelligence et agir avec détermination !

3.             LE BUDGET DE LA NATION : PASSER DES MOYENS AUX RÉSULTATS

Honorables Députés, chers collègues,

Cette deuxième session ordinaire sera d’abord celle du vote du budget de la Nation. Et cette première session budgétaire de notre législature revêt une importance particulière.

Au premier semestre, nous avons en effet adopté le Plan national de développement 2026-2030.

A nous donc d’étudier, dans un dialogue constructif avec le Gouvernement, comment cette ambition se traduit, dès le budget 2027, en priorités, en crédits, en projets et, finalement, en résultats pour nos concitoyens.

Le PND prévoit, sur cinq ans, près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements, dont plus de 70 % sont attendus du secteur privé.

Le Groupe consultatif réuni en juillet a suscité d’importantes annonces et intentions de financement. Ces perspectives traduisent la confiance placée dans notre pays.

Mais nous le savons tous : entre une intention de financement et une route ouverte, entre un crédit budgétaire et une école équipée, entre un programme annoncé et un emploi créé, il y a une étape décisive : l’exécution, dont nous savons l’importance depuis 2011 et dont nous voulons collectivement l’accélération pour atteindre les objectifs du PND.  

Il appartient au Gouvernement de conduire cette exécution. Il appartient au Parlement d’en voter les moyens, d’en suivre l’utilisation et de contribuer à en apprécier les résultats.

Notre débat d’orientation budgétaire, organisé à la fin de la première session sur la base de la programmation pluriannuelle, a ouvert cette réflexion, nous devons maintenant l’approfondir.

Nos commissions travailleront en lien étroit avec les membres du Gouvernement, les administrations et, lorsque les sujets le demanderont, les agences chargées de mettre les politiques en œuvre.

Nous veillerons à ce que les échanges portent à la fois sur les crédits proposés, les résultats attendus, les réalisations déjà constatées et les obstacles identifiés, pour qu’au final, chaque investissement de l’État contribue pleinement à améliorer le quotidien des populations. 

Nous pourrons nous appuyer à cet égard sur l’expertise de la Cour des comptes, dont je tiens à remercier le Président, notamment pour sa contribution prochaine au renforcement des capacités des députés.

Notre Commission d’évaluation des politiques publiques contribuera également à construire cette mémoire indispensable de l’action publique : garder le fil des engagements, suivre leur exécution et apprécier, d’une année à l’autre, les résultats obtenus.

Nos travaux prendront appui sur les enjeux des secteurs stratégiques du pays -agriculture et industrie, énergie et mines, éducation et santé – et les attentes des populations entendues lors de notre « Assemblée hors les murs ».

C’est cette méthode précise et constructive de travail parlementaire, dans une interaction régulière avec l’exécutif, que nous souhaitons voir grandir au sein de nos commissions et de notre Hémicycle.  

C’est ainsi que la loi de finances que nous voterons prendra tout son sens. 

C’est ainsi que nous donnerons toujours plus de force à nos débats et plus de clarté aux réponses que nous devons aux populations. 

C’est ainsi que nous donnerons corps, dans la vie des Ivoiriens, à l’ambition de la Grande Côte d’Ivoire.

4.             DES LOIS QUI ACCOMPAGNENT LA TRANSFORMATION DU PAYS

Mes chers collègues,

Le budget occupera une place centrale dans nos travaux. Il n’épuisera toutefois pas notre ordre du jour. 

10 projets de loi sont déjà en instance devant notre Assemblée et d’autres pourront nous être transmis au cours de la session.

Un premier ensemble concerne le financement de l’économie.

Les textes relatifs à la réglementation bancaire et à la microfinance touchent directement à l’accès au crédit, à la sécurité des déposants et aux capacités d’action de nos entreprises et de nos ménages.

Après les textes adoptés au premier semestre en faveur des PME, de la commande publique et de l’activité économique, nous aurons à examiner comment ces nouveaux cadres peuvent favoriser l’initiative tout en assurant la nécessaire protection des épargnants.

D’autres textes concernent l’organisation et la gestion des instruments publics de financement. Là encore, notre interrogation devra être simple : comment mobiliser davantage de ressources, comment toujours mieux les orienter vers des projets utiles et comment maximiser leur impact pour nos concitoyens ?

Face aux conséquences humaines et environnementales de l’orpaillage artisanal, le projet de loi modifiant le Code pénal, adopté le 23 septembre en Conseil des ministres et déposé à notre bureau le 29, sera inscrit avec célérité à l’ordre du jour de notre session.

D’autres dispositions toucheront à notre vie institutionnelle, notamment dans le domaine électoral, ainsi qu’à différentes questions économiques et sociales. Elles appelleront, comme toujours, un débat sérieux, respectueux et républicain.

En janvier, je vous disais ma conviction qu’ici se forge la loi qui fédère la Nation. Les vingt-sept textes adoptés au cours de notre première session, dont vingt-six à l’unanimité, ont montré la valeur du travail en commission, de l’écoute et de la recherche de solutions partagées.

Cette méthode devra continuer à nous guider dans les prochains mois, pour construire et avancer ensemble, dans l’intérêt des Ivoiriens.

5.             ENTRER PLEINEMENT DANS LE MONDE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Honorables Députés, chers collègues,

Parmi les chantiers ouverts au mois de juin, il en est un sur lequel je souhaite particulièrement m’arrêter : notre capacité à comprendre, utiliser et maîtriser l’intelligence artificielle.

Nous vivons une transformation dont nous ne mesurons probablement encore qu’une partie des conséquences. L’intelligence artificielle modifie déjà notre manière de rechercher l’information, d’apprendre, de produire, de communiquer et de décider.

Elle transformera des métiers. Elle en fera apparaître de nouveaux.

Elle modifiera les rapports entre connaissance, travail et productivité.

Et aucune institution, aucun secteur, aucune génération ne pourra durablement rester en marge de cette transformation.

L’Assemblée nationale ne le peut pas davantage.

Pour un député, l’intelligence artificielle peut déjà aider à analyser un projet de loi, comparer des données budgétaires, préparer une audition, explorer des expériences étrangères ou retrouver les engagements pris au cours de nos travaux.

Mais plus la technologie devient puissante, plus notre discernement doit l’être également. 

L’intelligence artificielle peut assister le jugement humain ; elle ne saurait s’y substituer.

Elle doit rester un instrument au service de notre responsabilité, de notre esprit critique et, surtout, de l’intérêt général.

Notre ambition n’est donc pas simplement de mettre de nouveaux outils entre les mains des parlementaires. Elle est de préparer notre Institution à un changement d’époque.

À partir du 12 octobre, nous engagerons ainsi, avec le Ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, un premier cycle de formation destiné aux parlementaires.

Les technologies évolueront. Les modèles d’intelligence artificielle aussi. Notre apprentissage devra suivre ce mouvement.

Car une institution qui cesse d’apprendre, prend du retard sur la société qu’elle a vocation à servir. Et notre Assemblée, elle, devra toujours rester pleinement ancrée dans son temps.

6.             MODERNISER NOS OUTILS, NOS COMPÉTENCES ET NOTRE MAISON COMMUNE

Honorables Députés, chers collègues,

Pour que cette ambition prenne corps, nous devons donner à notre Assemblée les moyens de l’accomplir.

Des équipements technologiques, notamment des tablettes destinées aux députés, seront livrés dès le 05 octobre. 

Une connexion à très haut débit et un accès Wi-Fi renforcé, mis en service en ce début octobre, faciliteront la consultation des textes, la préparation des travaux en commission et la transmission numérique des documents parlementaires.

La modernisation de notre Hémicycle se poursuivra selon une progression claire.

L’installation, d’ici à la fin de l’année, d’un nouveau système de conférence améliorera les conditions de nos débats, de nos votes et renforcera l’efficacité du travail parlementaire.

J’ai enfin l’honneur de vous annoncer, en point d’orgue de notre ouverture, que le Président de la République, SEM. Alassane Ouattara, a donné son accord au financement de la réhabilitation de notre Assemblée nationale. La première tranche des travaux débutera en janvier 2027.

Cette décision témoigne de l’attention et de la considération portées par le Chef de l’État au pouvoir législatif et aux conditions dans lesquelles s’exerce la mission parlementaire. 

Elle permettra aussi de préserver et transmettre aux générations futures un lieu majeur de notre histoire nationale, là où fut proclamée l’indépendance de notre patrie, le 7 août 1960 à minuit.

Je vous invite à vous lever pour exprimer au Président de la République la reconnaissance de la Représentation nationale.

Moderniser notre Institution, c’est aussi renforcer ses compétences. Les recrutements à venir permettront d’étoffer, aux côtés de notre Secrétaire général, les expertises de nos services.

Enfin, un programme de santé et de prévention, consacré notamment à la santé cardiovasculaire, à la nutrition et à l’activité physique, sera proposé aux députés et aux personnels. Une première conférence de la Rotonde dédiée à ce thème se tiendra le 9 octobre. Prendre soin de celles et ceux qui servent notre Institution, c’est aussi lui donner les moyens de remplir pleinement et durablement sa noble mission. 

7.   CONCLUSION

Monsieur le Haut-Représentant du Président de la

République,

Honorables Députés, Mesdames et Messieurs,

En janvier, nous avons fixé pour cette législature un cap qui allait bien au-delà de l’organisation de nos travaux. 

Pour accompagner la transformation puissante de notre nation, nous devions faire grandir notre Parlement : une Assemblée plus forte par la qualité de ses lois, plus ouverte aux préoccupations des citoyens, plus attentive au suivi et aux résultats de l’action publique. 

Nous l’avions affirmé : « Une grande Assemblée nationale ne se proclame pas. Elle se construit. » 

Elle se construit dans le respect de nos institutions, dans la rigueur du travail en commission, dans l’écoute de chacun et dans la fidélité au mandat confié par le peuple ivoirien.

Jean Monnet, l’un des grands bâtisseurs du projet européen, nous a laissé cette formule qui vaut bien au-delà de l’Europe : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les Institutions. » 

Cette pensée nous rappelle une vérité essentielle : une Nation avance par l’engagement des femmes et des hommes qui la servent, mais elle donne à cet engagement toute sa portée lorsqu’elle construit des Institutions solides, modernes et capables de durer.

C’est là, précisément, toute notre ambition pour notre Assemblée. Et c’est elle qui donnera et son sens et son élan à la session qui s’ouvre.

L’examen du budget traduira concrètement les priorités de notre pays. Les textes que nous étudierons prolongeront les réformes engagées au premier semestre. 

Notre dialogue fécond avec le Gouvernement, nourri par les réalités observées sur le terrain, contribuera à la réussite de ces réformes.

Ainsi, nous ferons du Parlement le lieu où la Nation écoute, délibère et vote, tout en veillant à ce que la décision publique tienne toutes ses promesses dans la vie quotidienne des Ivoiriens.  

Et je sais, dans ce cadre, ce que chacun de vous apporte par son expérience, son activité en commission et son lien dans sa circonscription avec les populations. 

J’aurai à cœur de faire vivre cette énergie collective, de toujours donner sa place à chaque contribution et de continuer de cultiver entre nous, l’écoute et la confiance qui font la force du travail en commun.

C’est ainsi que nous bâtirons une Assemblée nationale toujours plus forte, plus moderne et plus utile à cette Grande Côte d’Ivoire que nous construisons ensemble.

C’est dans cet esprit de responsabilité partagée et de dévouement à la Nation que je déclare ouverte la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale pour l’année 2026.

Vive l’Assemblée nationale ! Vive la République !

Et que vive la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.

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