Après une 1ère session ordinaire consacrée à la consolidation des bases institutionnelles, marquée par l’adoption unanime de 27 projets de loi stratégiques dont le Plan National de Développement (PND) 2026-2030, l’Assemblée nationale a ouvert ce jeudi sa 2ème session ordinaire.
Au cours de cette session parlementaire essentiellement budgétaire, les députés auront pour mission première de traduire la vision stratégique du PND et ses 115 000 milliards de Francs CFA d’investissements en priorités financières concrètes, tout en assurant un suivi rigoureux des deniers publics.
Définissant la feuille de route des travaux, le président de l’Assemblée nationale, Jérôme Patrick Achi, a rappelé avec insistance le rôle pivot de la représentation nationale dans la chaîne de valeur des politiques publiques. « Entre une intention de financement et une route ouverte, entre un crédit budgétaire et une école équipée, entre un programme annoncé et un emploi créé, il y a une étape décisive : l’exécution (…). Il appartient au Gouvernement de conduire cette exécution. Il appartient au Parlement d’en voter les moyens, d’en suivre l’utilisation et de contribuer à en apprécier les résultats », a-t-il indiqué.
10 projets de loi stratégiques en ligne de mire
Si l’examen de la loi de finances initiale pour l’exercice 2027 occupera le cœur des débats, l’agenda parlementaire s’annonce dense avec au moins dix (10) autres projets de loi déjà soumis à l’étude des commissions. Ces textes abordent des chantiers prioritaires pour la structuration de l’économie nationale, la sécurité environnementale et la vie institutionnelle.
En matière de régulation financière, l’Assemblée nationale se penchera sur la réglementation bancaire et la microfinance afin d’amplifier le dynamisme économique local. Jérôme Patrick Achi a précisé la vision qui guidera ces réformes. « Après les textes adoptés au premier semestre en faveur des PME, de la commande publique et de l’activité économique, nous aurons à examiner comment ces nouveaux cadres peuvent favoriser l’initiative tout en assurant la nécessaire protection des épargnants. D’autres textes concernent l’organisation et la gestion des instruments publics de financement », a-t-il souligné.
Sur le plan de la préservation du territoire et des ressources, les députés accorderont une priorité absolue à la lutte contre l’orpaillage illégal. Le projet de loi portant modification du Code pénal, adopté le 23 septembre en Conseil des ministres et déposé sur le bureau de l’Assemblée le 29 septembre, sera rapidement inscrit à l’ordre du jour pour durcir la riposte pénale face aux dégâts écologiques et humains engendrés par cette activité.
Sur le volet institutionnel et politique, le cadre électoral fera également l’objet de révisions en vue de consolider les acquis démocratiques du pays.
La culture du consensus comme méthode de travail
Saluant le climat de concertation ayant prévalu lors du semestre écouté, au cours duquel vingt-six des vingt-sept lois ont été votées à l’unanimité, le président de l’institution a appelé l’ensemble des parlementaires à maintenir cet esprit de responsabilité républicaine :
« D’autres dispositions toucheront à notre vie institutionnelle, notamment dans le domaine électoral, ainsi qu’à différentes questions économiques et sociales. Elles appelleront, comme toujours, un débat sérieux, respectueux et républicain. En janvier, je vous disais ma conviction qu’ici se forge la loi qui fédère la Nation. Les vingt-sept textes adoptés au cours de notre première session (…) ont montré la valeur du travail en commission, de l’écoute et de la recherche de solutions partagées. Cette méthode devra continuer à nous guider dans les prochains mois, pour construire et avancer ensemble, dans l’intérêt des Ivoiriens », a précisé M. Achi.
Les travaux en commission et les séances plénières s’échelonneront au cours des prochaines semaines pour doter l’État des instruments juridiques et financiers nécessaires à la poursuite de sa trajectoire de développement.
Zéphirin Gohia



