lemandatexpress – Réunis ce mardi après-midi à la maison du PDCI à Cocody lors d’un point de presse, les leaders des principaux partis et groupements politiques de l’opposition ont fait front commun pour exiger une révision en profondeur du cadre électoral. C’est à Georges-Philippe Ezaley, vice-président du PDCI-RDA, qu’a enjoint la mission de porter le message unifié de cette coalition comprenant entre autres les partis signataires du HCE ou issus de la CAP-CI. Il s’agit notamment du COJEP de Charles Blé Goudé, du MGC de Simone Ehivet Gbagbo, l’ADCI représenté par Israël Guebo, d’Ahoua Don Mello, ainsi que plusieurs autres formations.
L’opposition fonde son initiative sur un constat amer des scrutins passés et sur la nécessité absolue d’éviter à la Côte d’Ivoire de nouvelles soubresauts politiques. S’exprimant au nom de l’ensemble des signataires. « Les partis et groupements politiques de l’opposition réunis ont décidé, d’une seule voix, d’inviter le Gouvernement ivoirien, par l’entremise de Monsieur le Premier Ministre, à ouvrir un dialogue national sur le nouvel organe électoral », a-t-il interpellé le pouvoir exécutif. Selon lui, cette requête formelle a d’ores et déjà fait l’objet d’un courrier commun déposé à la Primature le lundi 12 octobre.
Au cœur des préoccupations des opposants figure la disparition de l’ancienne Commission électorale indépendante, dont les insuffisances répétées ont souvent alimenté l’instabilité du pays. Pour l’opposition, ce changement institutionnel ne doit pas se limiter à un simple ravalement de façade, mais bien ouvrir la voie à des garanties démocratiques tangibles. « Notre pays a trop souffert des contestations et des crises électorales. Les défaillances de l’ancienne Commission électorale indépendante, son impartialité contestée et son incapacité à établir une confiance partagée, ont contribué à ces crises. Sa disparition doit ouvrir une réforme de fond, capable d’empêcher la reproduction des mêmes difficultés », a martelé le porte-parole du jour.
Parmi les exigences phares formulées, l’opposition insiste sur l’indépendance des personnalités chargées d’administrer les futures élections, l’assainissement du fichier électoral et une transparence totale lors du dépouillement. « Nous demandons une traçabilité complète des opérations, l’accès aux procès-verbaux et la publication des résultats détaillés, bureau de vote par bureau de vote. Des recours effectifs et impartiaux doivent permettre de résoudre les différends par les voies institutionnelles. La transparence doit rendre les résultats vérifiables et réduire les motifs de contestation », M. Ezaley a ainsi précisé le niveau de leurs exigences.
Soucieux de ne pas se voir imposer un schéma préétabli par le pouvoir en place, les leaders de l’opposition rejettent catégoriquement toute démarche unilatérale. Ils préviennent qu’une simple présentation par les autorités de décisions prises sans concertation préalable ne saurait satisfaire leur démarche pacifique. « Nous souhaitons un dialogue dans lequel les propositions puissent être examinées, les désaccords traités et un accord écrit obtenu, avant la finalisation et l’adoption des textes », a insisté le vice-président du PDCI-RDA.
S’adressant tant aux citoyens qu’à la communauté internationale, Georges Ezaley a réaffirmé sa volonté de préserver la paix civile par la voie des urnes tout en appelant l’exécutif à faire preuve d’ouverture. « Notre engagement est clair : défendre le suffrage, rechercher le consensus et préserver la paix. Le peuple ivoirien doit pouvoir choisir ses dirigeants dans les urnes, avec la certitude que son choix sera respecté », a conclu le porte-parole de la coalition, dans l’attente d’une réponse rapide du gouvernement pour la tenue d’une première rencontre préparatoire.
Zéphirin Gohia
lemandatexpress.net


