La 4ᵉ édition du Salon des collectivités territoriales de Côte d’Ivoire a accueilli, le jeudi 15 octobre 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan, un panel de haut niveau placé sous le thème : « Regards croisés sur les politiques de décentralisation et de développement territorial des pays et villes à l’honneur ».
Le panel a été moderée par le député-maire de Yopougon et ancien président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo. Il a réuni Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, Charles Fall, élu de l’État de New York, Blerta Cela, représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, et Yawo Winny Dogbatsè, ancien maire de Kloto 1 au Togo, apprend-on d’un communiqué.
A cette occasion, Adama Bictogo a plaidé pour une gouvernance territoriale adaptée aux réalités africaines, fondée sur la coopération entre l’État et les collectivités. Député-maire de Yopougon, a également posé les enjeux de cette rencontre consacrée aux expériences de Paris, de New York et du Togo.
« La décentralisation est un thème majeur. Dans ce débat, il ne s’agit pas du présent, il s’agit de l’avenir », a-t-il déclaré, tout en appelant à un transfert effectif des compétences et des moyens.
Face aux disparités entre les communes africaines et celles des pays occidentaux, Adama Bictogo a défendu une approche sectorielle de la décentralisation. « L’Afrique a des réalités que l’Europe et les États-Unis n’ont pas », a-t-il relevé. Il a évoqué notamment le déficit national estimé à 700 000 logements. Il a par la suite interrogé la possibilité de transferts ciblés dans les domaines du logement, de la santé et de l’éducation, plutôt qu’un transfert global.
À travers les questions aux différents intervenants, le maire de Yopougon a insisté sur la nécessité de mesurer l’efficacité des politiques locales à leurs retombées concrètes. Pour ce faire M. Bictogo a invité le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à préciser les mécanismes permettant de garantir que les ressources transférées profitent effectivement aux populations.
Sur cette question, Blerta Cela, représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, a rappelé que « les ressources et les capacités doivent suivre les compétences ». Elle a salué l’enveloppe budgétaire de 480 milliards de FCFA prévue pour les collectivités territoriales ivoiriennes et présenté les initiatives de renforcement de la planification budgétaire et de participation citoyenne.
L’expérience togolaise a également nourri les échanges. Yawo Winny Dogbatsè, ancien maire de Kloto 1, a plaidé pour un accès plus direct des collectivités aux financements, notamment climatiques. Il a insisté sur la préparation de projets bancables, condition essentielle à la mobilisation des ressources disponibles.
Pour Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, l’efficacité de la décentralisation repose sur une gouvernance partagée entre l’État, les collectivités et le secteur privé. Elle a notamment souligné que le respect des compétences de chaque niveau de pouvoir favorise l’émergence de solutions locales et renforce la confiance des investisseurs.
De son côté, Charles Fall, responsable au sein de l’Assemblée de l’État de New York, a mis en avant la coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Il a également souligné l’importance d’adapter les politiques publiques aux mutations économiques et technologiques, afin de préserver l’attractivité des territoires.
Au terme des échanges, Adama Bictogo a appelé les élus locaux africains à prendre davantage d’initiatives et à renforcer leur synergie avec l’État central. « Le tout, ce n’est pas de recevoir. Il faut que cela parte des communes, et pour partir des communes, il faut des compétences », a-t-il soutenu.
Le député-maire a rappelé que l’action publique devait rester centrée sur les citoyens. « Le point de départ, c’est le peuple ; le point d’arrivée, c’est le peuple », a-t-il affirmé, avant d’appeler les maires africains à bâtir une gouvernance partagée, inclusive et capable de mobiliser les ressources nécessaires au développement de leurs territoires.
Kouassi N’Goran


