Secteur privé en Côte d’Ivoire : Mathieu Katchia propose un rééquilibrage en faveur des entreprises locales‎‎

lemandatexpress – Cadre du PDCI-RDA, conseiller municipal et candidat aux élections législatives de 2025, Mathieu Katchia interpelle le gouvernement sur ce qu’il considère comme une présence massive et incontrôlée des opérateurs étrangers dans l’économie ivoirienne. Il appelle à des mesures urgentes pour protéger et accompagner les entrepreneurs nationaux.‎‎

Depuis son indépendance, la Côte d’Ivoire a fait de l’hospitalité et de l’ouverture économique des piliers de son développement. Mais pour conseiller municipal, cette politique présente aujourd’hui des risques de marginalisation des entrepreneurs ivoiriens. « À force d’ouvrir ses portes sans serrure, notre pays risque de se faire déposséder de sa propre maison », alerte-t-il.‎

Le cadre du PDCI-RDA s’inquiète particulièrement de l’expansion des opérateurs étrangers, notamment asiatiques, dans plusieurs secteurs stratégiques. Du BTP au commerce de détail, en passant par la quincaillerie, les matériaux de construction, les pièces détachées, l’électroménager et le foncier, leur présence est de plus en plus visible.‎‎_À Adjamé, Treichville, Koumassi, Bouaké ou San-Pédro, cette évolution soulève, selon lui, la question de la compétitivité des commerçants ivoiriens. Il évoque également les préoccupations liées aux acquisitions foncières et à l’implication de certains opérateurs dans l’orpaillage clandestin, des situations qui nécessitent des contrôles rigoureux.‎‎

Pour l’opérateur économique, le problème réside notamment dans les inégalités de moyens. Certains opérateurs disposent de circuits d’importation directs, de financements et de réseaux de distribution structurés, tandis que de nombreux entrepreneurs ivoiriens peinent à obtenir un crédit bancaire. « Comment lutter face à un réseau qui importe lui-même, finance lui-même, distribue lui-même et rapatrie lui-même », s’interroge-t-il. Il dénonce également les conditions parfois difficiles d’accès aux dispositifs publics d’accompagnement, qui deviennent de nouveaux obstacles pour les porteurs de projets.‎

L’exemple de Koné Dossongui, entrepreneur ivoirien à la tête d’Atlantic Group, illustre la capacité des talents nationaux à bâtir des entreprises d’envergure lorsqu’ils disposent d’opportunités et de moyens adaptés. Au Nigeria, Tony O. Elumelu, entrepreneur et investisseur, constitue également une référence africaine. À travers sa fondation, il contribue notamment au financement et à l’accompagnement de jeunes entrepreneurs sur le continent. Pour M. Katchia, ces deux parcours montrent l’importance de créer des conditions favorables à l’émergence de véritables champions économiques nationaux, au-delà des réussites individuelles.‎‎

Face à cette situation, le cadre du vieux parti interpelle le gouvernement et le législateur ivoirien. Il préconise une politique de protectionnisme économique adaptée, notamment une préférence nationale dans certains secteurs du commerce de proximité, ainsi que l’application du principe de réciprocité commerciale.‎‎

Il propose également la création d’un véritable fonds de soutien aux entrepreneurs ivoiriens, offrant des financements accessibles, des garanties, des allègements fiscaux temporaires et un accompagnement technique. À cela s’ajouterait un audit annuel permettant de mesurer la participation des entreprises nationales à la création des richesses.‎‎

Pour lui, ces engagements doivent dépasser les conférences, ateliers et panels pour se traduire par des actions concrètes. « Il ne s’agit pas de xénophobie, mais de survie économique », insiste-t-il, avant de rappeler : « La Côte d’Ivoire est notre seule maison. On peut accueillir le monde, mais on ne donne pas les clés de sa chambre à un invité ».‎‎

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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