‎Cybercriminalité: Quand la rivalité professionnelle bascule dans le harcèlement en ligne, le revers judiciaire du ”gbairai”

lemandatexpress – Dans une société où le « gbairai », autrefois confiné aux causeries de quartier, s’est emparé de la toile, les dérivées du monde virtuel finissent de plus en plus souvent devant les tribunaux. En Côte d’Ivoire, la quête de visibilité et de buzz sur les réseaux sociaux pousse parfois certains utilisateurs à franchir la ligne rouge de la diffamation et du mépris de la vie privée. Pourtant, Internet demeure un espace réglementé où l’honneur des citoyens reste protégé par la loi relative à la lutte contre la cybercriminalité. L’affaire opposant une praticienne de la médecine traditionnelle à son ancienne alliée en offre une illustration frappante.

‎Tout commence par une collaboration sous de bons augures. K.Z., établie dans le domaine de la médecine traditionnelle, fait régulièrement appel à des chanteuses pour animer ses cérémonies promotionnelles. C’est à cette occasion qu’elle se lie d’amitié avec la nommée S.A. Le lien fraternel qui s’installe se renforce davantage lorsque S.A. décide de se lancer à son tour dans le même secteur d’activité, une initiative d’abord saluée avec enthousiasme par son aînée.
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‎La relation se détériore toutefois lorsque K.Z. constate la défection de plusieurs de ses disciples au profit de son amie. Cette rivalité naissante engendre de vives tensions, conduisant inéluctablement à une rupture définitive entre les deux femmes, qui reprennent alors leurs cheminements respectifs.
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‎La querelle prend une tournure judiciaire le jour où K.Z., en naviguant sur le réseau social TikTok, tombe par hasard sur une session en direct animée par des proches de son ex-amie. À sa grande surprise, l’antenne est occupée par des propos outrageants et méprisants à son encontre. En explorant les profils concernés, elle découvre une série de contenus vidéo visant délibérément à porter atteinte à sa réputation et à celle de sa famille.
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‎Saisie de cette campagne de dénigrement orchestée en ligne, la victime décide de porter l’affaire devant la Police de Lutte contre la Cybercriminalité. Les agents de ce service spécialisé recueillent sa plainte et engagent immédiatement les investigations techniques indispensables pour remonter la piste des auteurs. Les recherches permettent d’interpeller un groupe de suspects comprenant S.A., K.R., M.K., S.A. et F.K.
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‎Place aux auditions. Devant les enquêteurs, le nommé F.K. passe aux aveux complets. Il reconnaît avoir conçu et diffusé les vidéos incriminées, tout en tentant de légitimer son acte par une volonté de riposte. Selon ses déclarations, des rumeurs lui auraient laissé croire que K.Z. finançait des influenceurs à l’étranger pour l’attaquer, lui et ses compagnons. C’est sous l’effet de la colère qu’il aurait alors diffusé les photos de la plaignante et de sa sœur, accompagnées d’accusations portant sur leur vie privée et leur orientation sexuelle.
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‎Invité à produire des éléments tangibles pour étayer ses lourdes incriminations, le mis en cause avoue ne détenir aucune preuve matérielle, que ce soit sur les prétendus financements d’influenceurs ou sur la vie privée des deux femmes. Les autres suspects interrogés emboîtent le pas à F.K. en tenant des propos similaires.
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‎À l’issue de la procédure d’enquête, F.K. a été déféré devant le Parquet pour répondre des faits de diffamation, d’atteinte à l’image, d’injures et de menaces commis au moyen d’un système d’information. Cette intervention de la PLCC rappelle avec fermeté que les dérapages verbaux et les règlements de comptes virtuels s’exposent à toute la rigueur des textes juridiques en vigueur.
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‎Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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