JOJ de Dakar 2026 : une facture de plusieurs dizaines de milliards de FCFA pour le Sénégal

Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026 s’ouvrent ce samedi 31 octobre dans un contexte économique particulièrement tendu pour le Sénégal. Pour accueillir cette compétition, le pays a mobilisé d’importantes ressources financières. Entre contribution de l’État, financement du Comité international olympique (CIO), prêt de l’Agence française de développement (AFD) et investissements de la mairie de Dakar, la facture atteint plusieurs dizaines de milliards de FCFA.

Dakar, Diamniadio et Saly s’apprêtent à accueillir, du 31 octobre au 13 novembre, quelque 2 700 athlètes venus de plus de 200 pays. Un rendez-vous sportif historique qui a nécessité un vaste programme de construction, de rénovation et d’aménagement d’infrastructures. Mais derrière l’ambition de faire rayonner le Sénégal et l’Afrique, se dessine un effort financier considérable.

Selon les chiffres rapportés par Jeune Afrique, l’État sénégalais a contribué à hauteur de 36 milliards de FCFA à l’organisation des Jeux. À cette enveloppe s’ajoutent 54 milliards de FCFA mobilisés par le Comité international olympique, conformément au contrat d’accueil. Soit un financement cumulé de 90 milliards de FCFA pour la préparation et l’organisation de l’événement.

L’effort financier ne s’arrête toutefois pas là. La rénovation des infrastructures sportives a nécessité environ 11 milliards de FCFA supplémentaires, tandis qu’un prêt de l’AFD, estimé à 52 milliards de FCFA, accompagne le programme d’aménagement. Ce financement porte notamment sur la réhabilitation du stade Iba-Mar-Diop, du complexe sportif du Point-E et la réalisation d’équipements de proximité.

La mairie de Dakar met également la main à la poche.

La capitale sénégalaise a mobilisé 13 milliards de FCFA, dont 5 milliards provenant d’une dotation de l’État. Ces ressources ont notamment servi à l’aménagement de certaines voies, à la rénovation de l’éclairage public et à l’embellissement de la ville. La place de l’Indépendance a ainsi bénéficié de travaux évalués à 744 millions de FCFA.

Au-delà des infrastructures, ces investissements posent la question de leur rentabilité sociale et de leur entretien après la compétition. L’expérience de la piscine du Point-E, longtemps restée hors service faute de maintenance, nourrit les interrogations sur la pérennité des nouveaux équipements.

Ces dépenses interviennent dans un contexte économique délicat. Le Sénégal fait face à un endettement estimé à environ 132 % de son PIB, tandis que les tensions politiques et budgétaires compliquent les arbitrages gouvernementaux.

Autre ombre au tableau : deux ouvriers ont perdu la vie le 17 octobre à la Dakar Arena, à Diamniadio, lors de travaux d’installation de l’éclairage.

Pour le Sénégal, le défi ne consiste donc pas seulement à réussir les premiers JOJ organisés en Afrique. Il s’agit aussi de transformer cette mobilisation financière exceptionnelle en un héritage sportif durable pour les populations.

M. Galé

lemandatexpress.net

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